Imago Templi (3) et les Fils de la Vallée

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Vers le nouveau Temple.

« Le grand, le pauvre cœur méconnu » dira Robert de Heredom en parlant du grand maître Jacques de Molay. Malgré sa modestie, son renoncement, qui le fait s’incliner devant la décision fatale, prise par le Chapitre, du retour en France dont il prévoit les conséquences, il lui faudra, pour atteindre à la suprême purification, passer par les souf­frances morales et physiques d’un procès inique, connaître les détresses de huit années d’incarcération.

L’intériorisation de l’oeuvre alchimique conduit, certes, à une gnose supérieure, à la connaissance de la voie unitive. Mais ce qui la caractérise, c’est qu’il ne peut s’agir d’une connaissance théorique ; elle est l’expérience même de la voie unitive, de l’union mystique. Les trois phases de l’opération alchimique, dont le secret est celui-là même de la « Vallée », ont leurs cor­respondances spirituelles : nigredo, la nuit noire de l’âme ; albedo, l’illumination, la naissance du filius philosophorum ; rubedo, le rouge de l’amour divin, la hiérogamie de l’âme avec son Dieu. Ces trois phases de la voie mystique, Jacques de Molay les a parcourues et éprouvées. Le terme final du processus du Grand Œuvre est figuré par Zacharias Werner comme la réception du grand-maître des Templiers au sein de la Vallée. La transmutation de son être intérieur est accomplie. Il connaît dès ici-bas l’extase, l’union avec Dieu, qui prélude à l’union définitive que va consommer sa mort en martyr. Sa transmutation est en même temps celle de l’Ordre du Temple tout entier. Mort rédemptrice, pierre philosophale qui transforme le plomb vil de l’ancien Temple en l’or du nouveau Temple.

Tandis que Jacques de Molay se jette extasié dans la mort, Robert de Heredom s’élance dans le champ de l’action qui conduira à l’avènement du Nouveau Temple. En une scène extraordinaire, l’initiateur, Adam de Valincourt, lui fait comprendre la signification de la mort terrestre. Les corps détruits libèrent les « semences de résurrection ». Les êtres vivants laissent, en disparaissant, un corps subtil (le corpus spi­rituale de Paracelse, le jism mithalî, corps imaginal des théosophes de l’Islam). La rose soumise à l’action du feu, ayant été calcinée, puis diluée après fermentation, voici qu’une teinte bleuâtre appa­raît, suivie de la forme astrale de la rose. L’expérience est ici la même que celle pratiquée par le grand kabbaliste chrétien. F.C. Oetinger, avec une branche de mélisse, expérience qui l’avait bouleversé au point qu’il y revient en de fréquentes allusions. « Que soit anéanti le fils de la Vallée — Et que du Temple ver­moulu sorte — Un arbre de vie fleurissant dans l’éternel bois sacré de l’Agneau. » Initié ainsi, vers la fin du poème, par les fils de la Vallée, Robert de Heredom est par là même créé grand-maître du nouveau Temple qui renaîtra des cendres de l’ancien. Il est le gardien du Palladium secret, jusqu’à ce que vienne le temps où les hommes auront assez de maturité pour le recon­naître, et seront dignes de recevoir cette lumière que la Vallée a révélée à Jacques de Molay, la veille de son martyre.  (à suivre ..)

 

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