Kilwinning et ses origines jusqu’à Heredom

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Gravure de 1901

David Stevenson affirmait : « Toutes les Loges Originelles d’Ecosses étaient uniques, mais certaines étaient plus uniques que d’autres. Le prix de « la plus unique » revient à Kilwinning, avec sa prétention déterminée à être « plus égale » que les autres loges. Par la suite cette prétention conduisit la loge à acquérir le titre étrange de « Mère Kilwinning » et le privilège ambigu d’être n°0, sur la liste des loges affiliées à la Grande Loge d’Ecosse […] et ainsi prétendre à la préséance sur cette liste de numérotation très particulière : n°1 (Edimbourg), n°1 bis (Melrose), n°1ter (Aberdeen). »

Quelles sont donc les origines de Kilwinning et qu’est ce qui vaut donc à cette Loge sa primauté et ce fameux n°0 ou  » nothing  » ? D’où vient cette notion d’Antique loge d’Ecosse ? Quel est son lien avec les Statuts Schaw et son influence sur des textes non moins célèbres comme les Manuscrits Haughfoot et le Dumfries ?

Egalement : quels sont les liens avec l’ordre d’Heredom de Kilwinning et le « Royal Order of Scotland » ?

Saint_WinningLes premiers moines, quel que soit l’Ordre auxquels ils appartenaient, furent toujours d’excellents juges quant au choix des localités qu’ils sélectionnaient comme lieu de leur résidence permanente et Kilwinning ne fit pas exception à la règle, en effet, située en terre fertile et s’étalant sur plusieurs kilomètres dans le North Ayrshire, l’endroit est entouré d’une chaine de colline peu élevées, qui induit une chaleur protectrice à la région. Toutefois dans le cas des monastères Ecossais,  comme celui de Kilwinning, mais aussi, Arbroath, Selkirk et Kelso entre autre, il ne furent pas choisi par les moines mais confié par la royauté dans des buts bien précis. Ancienne cité, Kilwinning a prospéré jusqu’à nos jours, et est devenu une ville moderne avec un rôle commercial stratégique dans le district de Cunninghame. Aujourd’hui, la vieille ville a disparu et a été absorbée par celle d’Irvine.

 Kilwinning tient son nom de St Winning ou Vinn(en),un évangéliste plus connu sous le non de  St Finan (ou Finn ou Finnian). Il est réputé avoir fondé Moville et Driumfionn en Irlande. En 715, il débarque sur les rives du Garnock et fonde une église, ou un monastère. Que trouve t-on dans les monastères ? Des cellules, en anglais « cell » ou « kell », cell étant aussi le mot pour association, groupement…et ces « cell of Winnin », ces « Cella Winni » deviendront assez vite… Kilwinning. Saint Winning est fêté le 21 Janvier, jour anniversaire de son débarquement sur les bords de la Rivière Garnock.

Kikwinning et le mot de maçon :

Perth se situe non loin de Kilwinning et c’est le contrat de Perth de 1658, qui atteste des liens entre Kilwinning et la Loge de Scone-Perth, et surtout qui manifeste un lien entre Kilwinning et le « Temple des Temples », c’est à dire celui de Salomon. Il met en avant l’Universalité de l’union des maçons, dans « une seule et unanime voix afin de maintenir l’union et l’harmonie », communion mise en pratique et fort importante notamment à l’occasion de la succession du maître maçon décédé… Ce que ce contrat de Perth met aussi en avant, c’est la notion préexistante, du « Mot de Maçon » dont on peut attribuer l’origine à l’Ecosse, et comme l’a souligné Patrick Négrier, ce mot a la particularité de s’épeler en deux parties, cette « tradition rabbinique, autour du nom des deux colonnes du Temple de Salomon », que Kilwinning avait transmise à la Loge de Scone-Perth.

Le  « Mason Word » considéré classiquement comme  mot de passe, peut aussi être interprété comme : « parole de maçon » ou comme symbole de serment de garder le secret. Il convient de rappeler le poème d’Henry Adamson « Muses Threnodie » (circa 1638) qui en atteste l’existence :

«  For we be brethren of the Rosie Crosse ;  we have the Mason Word, and second sight, Things for to come we can foretell aright »

« Pour ce que nous sommes Frères de la Rose Croix Nous avons le mot de maçon et la seconde vue. Nous pouvons prédire les choses à venir »

Kilwinning donc, est très attachée à ce mot de maçon, de nombreux procès-verbaux induiront la notion de Cowan et les actions contre ceux-ci. Le procès-verbal de 1705 définit précisément le « cowan », comme quelqu’un sans le mot… Ce mot de maçon on va le retrouver dans les rituels éponymes qui forment le groupe Haughfoot : le MS des Archives d’Edimbourg (1696), le Chetwode Crawley (1700) et le Kevan (circa 1717-1720).

rmm_hermeneutique2Voir le cahier ici

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