Cabale Solaire, impressions d’Afrique etc…

Pour un pauvre O d’aphone éclos sur une ardoise

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Pourquoi consacrer une trilogie à Fulcanelli ?

Afin de couper l’herbe sous le pied aux plumitifs, aux imposteurs sévissant dans les milieux troubles de l’ésotérisme, prêts à vendre à un public naïf n’importe quelles fadaises concernant un sujet dont ils ne savent rien. La publication de nos « cahiers Fulcanelli » suivi de notre intervention au colloque de Bourges, a suscité quelque émoi au sein de ce microcosme qui se targue de connaître la vérité à propos de cette affaire, mais se retranche derrière la sempiternelle règle du silence imposée -du moins le prétendent-ils- par la Tradition afin de ne rien dire. Toutefois, ces mêmes jobards s’arrogent le droit d’interdire tout écrit contraire à la doxa en cours ou contrariant leurs rêves en cinémascope.

Après cette mise au point nécessaire venons-en au mystère fulcanelien. Si le premier volume a permis de dégager la personnalité du savant et son travail, le second volume aborde son entourage mondain, littéraire et artistique car les sources de ce qui fit considéré comme « une affaire » résident dans une énigme littéraire, énigme littéraire qui connut un sensationnel rebondissement au printemps 1992 et tient en un nom peu connu du grand public : Raymond Roussel. Outre que Raymond Roussel, poète génial et méconnu, voire incompris, fut en relations avec le dessinateur des ouvrages signés Fulcanelli, Jean-Julien Champagne, il semble bien qu’il prit une part non négligeable dans cette affaire. Une analyse en profondeur des textes publiés, ou inédits parvenus à la Bibliothèque Nationale de Raymond Roussel, prouve sans conteste qu’il prépara le terrain longtemps à l’avance et ce dès 1894, date à laquelle il composa La Doublure (à entendre double hure ou double tête), publiée en 1896. Ce titre évocateur incite à se demander qui Roussel doublait-il ? Loin d’être saugrenue ou intempestive, cette question mérite d’être posée et réfléchie. En effet, dès cette période, Raymond Roussel, âgé de dix-neuf ans, commença la rédaction d’une œuvre gigantesque, basée sur ce qu’il appelle « un procédé ». Il en exposera, d’ailleurs, les règles dans son livre posthume Comment j’ai écrit certains de mes livres. Or ce procédé s’avère reposer sur des clefs identiques à celles révélées par Fulcanelli à propos de la Cabale Solaire ou Langue des Oiseaux. Coïncidence ?

cle-cabalaRien n’est moins sûr car comment expliquer dans l’œuvre de Roussel les constantes et très précises allusions à l’alchimie, allusions faisant référence, non seulement à la théorie, mais aussi à la pratique? Une lecture, encore plus attentive, permet de découvrir une utilisation de tous les thèmes développés par Fulcanelli et ce avant la parution des ouvrages signés de ce pseudonyme. Se retrouvent dans Roussel des passages entiers de Fulcanelli. A ce stade, n’en déplaise aux exégètes de Roussel qui considèrent son œuvre comme une chasse gardée, cet écrivain fréquenta un savant hermétiste dès 1894. Un détail semble devoir confirmer cette date, le fait que, parmi les agendas de Marguerite Roussel, le seul qui soit manquant concerne justement l’année 1894.

De cet homme, Roussel nous a dressé un portrait évocateur sous le pseudonyme transparent de Volcan, ce qui est passé inaperçu des biographes et exégètes de l’auteur de Locus Solus. Dans le Comment j’ai écrit.., ce personnage est mentionné dans le texte intitulé « Les Ardoises ». Mais mieux encore, sa réelle identité nous est fournie trois ou quatre fois par le biais du rébus. Ce même Volcan se trouve au centre d’un second texte: Le haut de la figure. On peut y lire les lignes suivantes, lesquelles précisent les relations entretenues par les deux hommes: « Un beau jour, la manie des sciences m’ayant repris, j’étais allé sonner au rez-de-chaussée de Volcan, dont les anciennes leçons m’avaient laissé un souvenir de grande clarté… »

(…)

L’homme qui signa Fulcanelli et ses textes l’indiquent à maintes reprises, avait fortement le sentiment d’être en exil, parce que dissemblable de ses contemporains. Pareillement, il souffrit, vraisemblablement, de voir ses travaux incompris ou sous estimés et éprouvait une sensation de rejet se traduisant par une amertume marquée. Ses inventions furent décisives pour les progrès de la Science moderne (voir Tome I Portrait d’un alchimiste au XXème siècle) mais que pouvait-il face à un Berthelot issu de la grande bourgeoisie, fier et arrogant. Il eut sans doute matière à réagir de cette façon et il n’est que de voir le dédain qu’affichent nos modernes accapareurs de la culture officialisée à l’égard de ce qu’ils ne comprennent pas, ou décident d’ignorer, ou encore n’ont pas étudié, pour s’en convaincre.

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