Les bâtisseurs (2) Viollet le Duc et les sages d’Héliopolis

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Eugène Viollet le Duc, architecte visionnaire

« La cathédrale tout entière n’est qu’une glorification muette, mais imagée, de l’antique science d’Hermès, dont elle a su, d’ailleurs, conserver l’un des anciens artisans. Notre-Dame de Paris, en effet, garde son alchimiste. Si, poussé par la curiosité, ou pour donner quelque agrément à la flânerie d’un jour d’été, vous gravissez l’escalier en hélice qui accède aux parties hautes de l’édifice, parcourez lentement le chemin, creusé comme une rigole, au sommet de la seconde galerie. Arrivé près de l’axe médian du majestueux édifice, à l’angle rentrant de la tour septentrionale, vous apercevrez, au milieu du cortège de chimères, le saisissant relief d’un grand vieillard de pierre. C’est lui, c’est l’alchimiste de Notre-Dame.
Coiffé du bonnet phrygien, attribut de l’Adeptat négligemment posé sur la longue chevelure aux boucles épaisses, le savant, serré dans la cape légère du laboratoire, s’appuie d’une main sur la balustrade, tandis qu’il caresse, de l’autre, sa barbe abondante et soyeuse. Il ne médite pas, il observe. L’œil est fixe; le regard, d’une étrange acuité. Tout, dans l’attitude du Philosophe, révèle une extrême émotion. La courbure des épaules, la projection en avant de la tête et du buste trahissent, en effet, la plus forte surprise. En vérité, cette main pétrifiée s’anime. Est-ce une illusion ? On croirait la voir trembler…Quelle splendide figure que celle du vieux maître qui scrute, interroge, anxieux et attentif, l’évolution de la vie minérale, puis contemple enfin, ébloui, le prodige que sa foi seule lui laissait entrevoir. »

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En dehors de la seule affirmation formulée par Eugène Canseliet, il n’existe aucun élément qui soit susceptible de confirmer que Fulcanelli fit partie des jeunes officiers du Génie placés sous les ordres de Viollet-le-Duc en 1870. Néanmoins, personne ne semble avoir relevé les détails troublants que le grand architecte fit figurer dans son livre Histoire d’une maison. Outre que ce livre apporte quelques lueurs sur l’origine de la formation initiatique de Viollet-le-Duc, il se pourrait que l’un des personnages mis en scène ait été ce jeune officier mentionné par Eugène Canseliet.

Viollet-le-Duc et Fulcanelli se connurent-ils ? À ce jour, aucune preuve n’a pu être fournie qui soit de nature à renforcer l’assertion d’Eugène Canseliet. Toutefois, et cela demeure étonnant, personne ne s’est avisé de certains détails de la biographie de Viollet-le-Duc, ni surtout d’une troublante allusion, contenue par Histoire d’une maison, et pouvant aller dans le sens de l’information invérifiée.
La restauration de Carcassonne qui dura jusqu’en 1879 permettrait d’expliquer la visite que fit Fulcanelli à Limoux, visite dont il tira les lignes ayant trait à Notre-Dame de Marceille et à sa fontaine des yeux gâtés. De même, fut-ce lors de la construction de l’extraordinaire château de Monsieur d’Abadie d’Arrast ( … )

à suivre dans le livre à paraitre : Théâtre d’ombres

Viollet le duc et ses rapports avec l’alchimie : Vitrail et Orfèvrerie

Est-il besoin de le signaler ? Eugène Viollet le duc était bien initié mais dans d’autres filières que la franc-maçonnerie. Dans ces filières on retrouvera le Rite de Memphis et la Charbonnerie car c’est en Italie qu’il reçoit  » la lumière ». Un détail retient l’attention et montre la fraternité formée par ces bâtisseurs : le bonnet phrygien arboré dans sa propre représentation au sommet de la tour Sud de Notre Dame de Paris, bonnet arboré également par l’un de ses principaux exécutants : Victor Geoffroy Dechaume sur lequel il y a beaucoup à dire (archives privées). Par ailleurs c’est au contact des maitres verriers et orfèvres qu’Eugène Viollet le Duc  fut introduit et plus qu’on ne le croit aux arcanes de l’Ars Magna.

En faisant appel à Henri (1814-1849) puis Alfred Gérente (1821-1868) sur les chantiers qu’il dirige, Viollet-le-Duc choisit des peintres verriers érudits, dessinateurs talentueux, que leur importante documentation et leur collection d’œuvres d’art rendent habiles à restaurer au mieux les verrières anciennes.
L’apport de Viollet-le-Duc dans le domaine du vitrail touche à la fois la restauration des vitraux anciens des édifices dont il a la charge et la création puisqu’il fait à plusieurs reprises œuvre de cartonnier. Dans l’article « Vitrail » de son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XI au XVI e siècle il fait une large place à la technique en abordant la fabrication du verre, et donne un raisonnement scientifique de l’impact visuel des couleurs et de leur juxtaposition dans un vitrail. Du point de vue historique, il privilégie les vitraux du Moyen Âge, y compris les grisailles décoratives dont il reproduit de nombreux schémas laissant peu de place aux verrières de la Renaissance. Depuis les années 1830 des vitraux de pleine couleur remplacent peu à peu dans les églises les vitreries incolores posées au XVIII siècle. La redécouverte des techniques anciennes, un temps oubliées notamment celle de la fabrication du verre rouge, conduit à l’ouverture en région parisienne d’ateliers de peinture sur verre au sein des manufactures de Porcelaine à Sèvres et de cristallerie à Choisy-le-Roi. Les premières commandes sont celles de vitraux historicistes et plus particulièrement néogothiques en lien avec l’architecture remise au goût du jour par des écrivains prestigieux comme Victor Hugo ou par les premières restaurations d’édifices médiévaux majeurs, la Sainte-Chapelle, les cathédrales. La création du comité des Arts et Monuments, les publications des sociétés savantes, enfin le coût élevé des émaux et leur emploi difficile ne sont pas étrangers à cet engouement pour un retour aux vitraux de pleine couleur à l’image de ceux du XIIIe siècle.

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La règle du Maître. NON : AMPLIVS : DVBITO l’autre face de la règle comporte une partie cryptée restée à ce jour secrète. L’explication en est donné dans le chapitre sur les bâtisseurs.

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