L’affaire Fulcanelli

timecoverL’affaire … c’est ainsi que Robert Amadou avait rendu célèbre l’homme qui se fit appeler Fulcanelli. Depuis beaucoup d’encre à coulé sous le pont Mirabeau.. jusqu’à ce travail qui met un terme aux plus folles spéculations et ouvre de nouvelles perspectives. On aura au passage remarqué que le pseudonyme adopté Fulcanelli rime avec Cyliani et non sans raison. Mais qu’entendaient au juste nos deux interlocuteurs par Feu du Soleil ?

Cyliani, alchimiste du XIXe siècle réussit le Grand Œuvre alchimique et c’est le seul de la sorte qui précède l’Adepte.  Voici ce qu’il écrit à la fin de son opuscule Hermès dévoilé, de 56 pages, dédié à le postérité.

« Je pris un verre de montre et mis dedans une petite quantité de mercure coulant du commerce qui avait été distillé, qui était pur et que je venais d’acheter. Je mis dessus, non de mon soufre transmutatoire à l’état de poudre, mais à l’état d’huile, dans la proportion d’une partie sur cent, et remuai mon verre de manière à donner à l’huile un mouvement circulaire. Nous vîmes avec joie le mercure offrir un phénomène bien curieux et se coaguler avec la couleur du plus bel or ; je n’avais plus qu’à le fondre dans un creuset et à le couler ; Je fis ainsi la transmutation à froid ».

Il convient de lire ce court texte avec prudence et préciser que le mercure a une seule affinité, celle qu’il manifeste avec l’or qu’il blanchit d’une manière définitive. Bien des alliances en or des joailliers ont ainsi perdu définitivement leur éclat au contact du mercure pour devenir argentées… L’orfèvre joailler du 89 boulevard St Michel le savait aussi !

Le verre de montre évoqué par Cyliani a une capacité très petite. L’or obtenu était donc comparable à un bouton. Alors pourquoi éprouver le besoin de le fondre dans un creuset minuscule si ce n’est pour dire que cette transmutation « à froid » s’est en réalité faite à chaud ?

[Cyliani opère avec la Pierre Rouge qu’il nomme « soufre transmutatoire ». Il n’utilise pas de cire compte tenu du faible volume de mercure et de la quantité importante de pierre rouge. Fait curieux chez cet auteur énigmatique, chimiste de formation, il ne précise pas qu’il a effectivement transmuté le mercure en or.]

Les opératifs du laboratoire savent aussi que le mercure n’a d’affinité qu’avec l’or et de ce fait rejette tout. Alors, que s’est-il passé ?

Si le « soufre transmutatoire » ou quintessence est rejeté, cependant quand on le place en présence du mercure, il le coagule et lui donne réellement la couleur dorée de l’or. Mais le mercure finit par être le plus fort et se débarrasse de ce « soufre transmutatoire » et l’effet disparaît. Ce que Cyliani ne dit pas c’est que cette confrontation de la quintessence avec le mercure est un test qui permet de vérifier si la quintessence obtenue est parfaite quand elle dore et coagule le mercure. C’est elle qui est le facteur essentiel de la transmutation métallique. Mais seule elle ne transmute pas. Il faut la joindre à la pierre blanche qui de ce fait acquiert la capacité transmutatoire. Cette manipulation particulièrement délicate se déroule à l’occasion de la phase dite coagula.

Dans le cas de Cyliani la pierre utilisée a subi deux multiplications, et est donc capable de transmuter cent fois son poids en or ….

Il existe donc à côté d’une fabrication de la Poudre à froid, une méthode de  transmutation métallique à température ambiante. C’est bien celle-là que Cyliani dans son « Hermès dévoilé »  a relatée, celle qu‘il a conduite lui même, avec une teinture exceptionnellement puissante, puisqu’il la réalisa en quelques minutes dans un verre de montre à l’aide de mercure commun. Ce métal, le plus malléable pour ce genre d’opération, se fige au fur et à mesure qu’il s’élève en dignité, particularité étonnante dont nous fîmes personnellement l’expérience heureuse lors d’une transmutation à froid de mercure commun en argent. Les proportions restent, dans ce procédé, exactement les mêmes, le degré de puissance de la Pierre et la portion requise ainsi que la quantité de métal à utiliser sont fonction du nombre de multiplications faites. Par exemple, à la septième multiplications de la poudre, un grain transmutera dix millions de grains du métal choisi pour l’opération. Il est aisé d’imaginer le pouvoir d’une Pierre longuement et patiemment multipliée !

de la panacée :  le pouvoir transmutatoire de la Poudre de Projection ne s’arrête pas qu’aux métaux ; elle peut être facilement diluée, sous estissac-chemineesa forme métallique, précisément de semence métallique, pour rétablir promptement la santé dans les organismes malades. Son action bénéfiques dans tous les Règnes de la Nature est avéré.

Dans son livre « La Transmutation des métaux », L’OR ALCHIMIQUE, L’ARGENTAURUM, Divers procédés de fabrication avec lettres et documents à l’appui …

J. Marcus de Vèze écrivait en 1902 à propos du plus proche collaborateur de Fulcanelli (Jules Violle) ceci :

« Malgré ce dédain, un éminent chimiste M. Henry Moissan a transformé devant MM. Les membres de l’Académie, quantité de métaux, et cela dans des creusets officiels, au Conservatoire National des arts et métiers, avec l’aide de puissantes Dynamos ; car M. Moissan emploie comme pierre philosophale artificielle des machines pourvues d’un ou de plusieurs électro-aimants, et les courants électriques utilisés par le savant transforment (transmutent) les métaux et remplacent ainsi les opérations tentées par les Alchimistes du Moyen-âge, alchimistes accusés de sortilèges et de magie ! …

La méthode de notre chimiste diffère il est vrai essentiellement de celles des Maîtres du Grand Art. Au lieu de dissoudre et de coaguler à l’aide de sels, il met en action, en mouvement sa Dynamo qui comporte une force de 150 à 460 chevaux-vapeur.

Qu’auraient obtenu avec une pareille énergie, les Raymond Lulle, Albert Le Grand, d’Espagnet, Van-Helmont et autres alchimistes du moyen-âge ? Nous l’ignorons, mais ce que nous savons bien, c’est que M. Moissan, grâce à son idée géniale de brasser les creusets au moyen de l’oxygène a pu préparer un chrome et un aluminium résistants, homogènes, ductiles, sonores, faciles à laminer et à passer à la filière, susceptibles en outre de s’allier en très grandes proportions avec tous les métaux connus.

Des échantillons de plusieurs kilogrammes soumis à l’Académie des sciences ont démontré hautement que dès aujourd’hui, l’industrie peut absolument compter sur de nouveaux métaux, qui se distinguent à la fois par leur légèreté et leur ténacité et nous ne doutons pas que l’industrie Parisienne si active, si chercheuse, secondée par l’art ne produise avec ses nouveaux métaux de véritables merveilles, en attendant qu’elles puissent transmuter en or ou en argent les plus vils métaux ou ceux encore inconnus, dont tous les jours, on trouve de nouveaux types.« 

Voir notre article sur Henri Moissan ici

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