Le Mot de Maçon et les origines de l’Ecossisme

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L’invention de la nouvelle maçonnerie sous l’égide du pasteur Théophile Désaguliers

1717 ne marque pas le début de la Franc-maçonnerie mais signe la fin d’une aventure commencée 3 siècles auparavant. Le reste c’est comme le port salut ça en porte le nom mais c’est juste une triste et plate contrefaçon. L’acte fondateur de la Grande Loge d’Angleterre fut – après avoir récupéré les précieux enseignements du pasteur Anderson – d’organiser un autodafé dans le but de détruire toutes les preuves de la véritable maçonnerie écossaise et de n’en laisser aucune trace. Tous les anciens rituels, livres et documents finirent dans les flammes et ceci fut même explicitement revendiqué par les fondateurs de la Grande Loge ! Pourquoi et dans quel but c’est ce j’expliquerai dans mon prochain ouvrage : un secret que l’Angleterre ne voulait surtout pas dévoiler car il pouvait mettre le trône en péril. La lumière fut mise sous le boisseau.

En devenant anglaise puis française la nouvelle tradition de l’Art Royal revue et corrigée va entamer un long déclin jusqu’à être effectivement une « parole perdue » pour des gens qui ne savent effectivement ni lire ni écrire, un message élitiste et abscons aux yeux mêmes de ses propres adeptes selon la belle formule d’Oswald Wirth qui en fit le titre de ses trois ouvrages non sans humour. Dès lors la franc-maçonnerie en zone française va naviguer entre ésotérisme de pacotille, occultisme et pseudo message à dimension sociale en s’arrogeant des missions que personne ne lui a confié.Comble de l’ironie et destin des contresens, le mot lui même d’écossisme va finir par désigner le contraire de son message originel et j’entends lui restituer son sens premier. Verbum Dimissum

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Mot de maçon et exégèse allégorique puis symbolique de la Bible

Ce Mot de maçon apparu en Écosse entre 1628 et 1637 n’était pas unique­ment un rite de reconnaissance mutuelle entre francs-maçons destiné par conséquent à rester connu des seuls intéressés; c’était aussi un rite porteur d’une recherche exégétique. En aucun cas on ne peut affirmer comme c’est le cas dans le « Nouveau Dictionnaire Thématique illustré de la Franc-Maçonnerie » (Editions Dervy) qu’il s’agit d’un secret de reconnais­sance de la maçonnerie opérative écos­saise du siècle !…

Il faut beaucoup d’aplomb pour pou­voir affirmer avec autant d’impunité que le mot de maçon « n’a jamais appar­tenu à la terminologie de la maçonnerie « spéculative » anglaise ni continentale. On peut se reporter aux sources histori­ques au travers des trois témoignages ci-dessous.

La « Thrénodie des muses »

Lorsqu’en 1638, dans sa Thrénodie des muses, Henry Adamson fit dire à des frères de la Rose-croix, c’est à dire à des sympa-thisants du mouvement Rose-croix inauguré en Allemagne en 1614 par Johann Valentin Andreae, qu’ils avaient le Mot de maçon, il ne se fai­sait peut-être pas seulement l’écho du fait, vrai ou faux, rapporté par Valentin Griesmann selon lequel J.Valentin Andreae communiquait secrètement à ses confrères les mots Yakin et Boaz ; il présenta ces sympathisants du mouve­ment ésotérique Rose-croix comme des personnes susceptibles de s’intéresser au Mot de maçon, connexion entre le mouvement ésotérique des Rose-croix et le Mot de maçon qui atteste dans ce Mot de maçon un matériau susceptible d’intéresser des amateurs d’ésotérisme biblique.

Un « Mystère rabbinique

La perception du Mot de maçon comme rite supportant une exégèse biblique des colonnes du temple de Salomon semble avoir été un fait répandu dès 1689-1690 puisqu’à cette époque le D’ Stillingfleet, évêque de Worcester, appelait le Mot de maçon « un mystère rabbinique » .  De même en 1691 Robert Kirk appelait ce même Mot de maçon « une tradition rabbini­que », confirmant ainsi que le Mot de maçon (c’est à dire en somme le nom des deux colonnes du temple de Salomon, et par suite la description biblique de ces deux colonnes) consti­tuait bien dans la Franc Maçonnerie écossaise au XVIIeme siècle un objet d’exégèse biblique.

C’est la grande figure de Saül (Paul) qui sous-tend toute la compréhen­sion du « Mason Word » non seule­ment avec la prise en considération des trois vertus théologales (pistis, elpis, agapé soit Foi, Espérance et Charité) mais aussi avec la notion du Temple de l’Esprit …

à suivre …

 

 

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