1717 ou les enjeux d’une date : druidisme et art royal

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Naissance et genèse d’une imposture

en 2017, un peu partout dans le monde on va commémorer le tricentenaire d’une institution – la Franc-maçonnerie – et pourtant il s’avère que la plupart des récits légendaires qui s’attachent à son histoire ne reflètent pas la réalité ni le contexte historique qui l’a vu naitre. Bien au contraire !… La véritable histoire autour de cette date ou comment on a effacé tout simplement l’authentique maçonnerie écossaise.

En réalité, 1717 est une date importante car ce sont trois sociétés appelées à jouer un rôle important qui verront le jour mais le comble de l’ironie (c’est le propre de l’histoire) est que c’est la moins importante des 3 à l’époque qui tel l’arbre masquant la forêt retiendra et focalisera l’attention de nos contemporains. Cet ouvrage est donc en vue de rappeler quels étaient en fait les véritables enjeux de cette époque et pourquoi ce que l’on a appelé la création de la maçonnerie des modernes a été en réalité une démolition systématique et voulue de l’antique société qui avait déjà près de 2 siècles d’existence !

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Tous les Francs-Maçons ont entendu dire que la franc-maçonnerie était née à Londres en 1717, quand quatre Loges – un quarteron de loges dont les patentes étaient écossaises !  – se réunissaient dans des auberges respectivement appelées :

  1. The Goose and Griridon [L’Oie et le Gril], dans Saint-Paul Churchyard,
  2. The Crown [La Couronne], dans Parker Lane, près de Drury Lane,
  3. The Apple Tree Tavern [Le Pommier], dans Charles Street, à Covent Garden,
  4. The Rummer and Grapes Tavern   [Grand Verre et les Raisins], dans Channel Row. à Westminster.

Il semble que, sur un coup de tête, ces quatre Loges auraient décidé de se réunir pour former une Grande Loge qui administrerait l’Ordre de la maçonnerie. Au regard de ce qui existe depuis déjà deux siècles on mesure la prétention et l’orgueil de ces frondeurs. Cette nouvelle Grande Loge se serait développée jusqu’à donner l’organisation fraternelle mondiale qu’est aujourd’hui la franc-maçonnerie. On pourra pardonner à tout lecteur de l’almanach maçon­nique annuel de la Grande Loge Unie d’Angleterre [Masonic Year Book of the United Grand Lodge England] de croire que tout ceci est vrai. Après tout, cet ouvrage officiel contient une section de dix pages intitulée

« Événements maçonniques marquants «  – Outstanding Masonic Events- . La première entrée de cette liste d’environ six cents événements est :

1717 La grande Loge est crée ; Grand Maitre, Anthony Sayer

Pour donner le lustre qu’il convient à cette entreprise qui sera ni plus ni moins qu’une entreprise de démolition systématique de l’ordre maçonnique existant il convenait d’avoir un peu de lustre et de pouvoir blasonner avec quelques princes ou dignitaires : le duc de Wharton (Philip Wharton) – un débauché et ivrogne notoire – fera office de parrain à cette jeune entreprise et servira de Grand Maitre en 1722. Personnage obscur et traitre à sa patrie il œuvrait en toute conscience au profit de l’ennemi et trompait qui voulait ! Il finira ses jours misérable et malade dans un couvent en Espagne loin des fastes de la cour. D’ailleurs beaucoup des protagonistes de ce complot – car il s’agit bien d’un complot – connaitront des fins difficiles tel le pasteur Anderson (qui fut le dupe de cette farce) enterré sans qu’aucun membre ne vienne lui rendre le moindre honneur…   L’objet de ces loges n’a jamais été de pratiquer un quelconque rituel ce qu’il est coutume de faire en loge comme aujourd’hui : pour preuve ces loges ne se réunissaient tout au plus qu’une ou deux fois par an .. à ce compte là !

Comme d’autres dates en miroir (1515) 1717 est néanmoins une date carrefour. L’Angleterre à la mort de la reine Anne fait venir d’Allemagne pour lui succéder un illustre inconnu l’électeur de Hanovre Georges 1er, un allemand, décidément à cette époque il y a bien quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre. Le but est évident, empêcher tout retour aux jacobites, les naturels défenseurs de l’authentique maçonnerie d’origine Écossaise ou Irlandaise (on ne parle pas ici de la crypto maçonnerie se pratiquant ici ou là sous le nom abusif d’écossisme sans aucun lien sinon fantaisiste avec l’Écosse !).

Il est ensuite demandé à tous les Francs-Maçons anglais d’accepter le nouvel organe qui se définit lui-même comme « la première institution maçonnique » (sic). L’image d’un groupe de nobles gentlemen errant autour des chantiers de construction locaux afin de demander aux tailleurs de pierre s’ils voulaient bien les autoriser à rejoindre leur corporation d’artisans pour qu’ils puissent apprendre les rituels des maçons semble directement sortie d’un scénario burlesque des Monte Python.

Pourquoi une histoire aussi invraisemblable est-elle apparue ?

L’Écosse possédait clairement un Grand Maître maçon noble dès avant 1602, date à laquelle les statuts Schaw reconnaissent Sir William Saint-Clair de Roslin comme leur patron et leur protecteur.

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Cependant, les Grands Maîtres héréditaires des maçons d’Écosse avaient une histoire très embarrassante du point de vue des Francs-Maçons anglais. Les Saint-Clair avaient soutenu le couronnement de Charles II d’Écosse contre la volonté du lord-protecteur. Le château de Roslin avait payé le prix de cette attitude de défi en se faisant raser par le général Monck. Ni plus, ni moins.  L’Écosse avait continué de supporter la lignée Stuart contre l’Anglais et, en 1715, les Écossais avaient soutenu Jacques VIII dans sa tentative pour reprendre sa couronne à la lignée Hanovre.

Les Francs-Maçons de Londres eurent peur. Après l’écrasement de l’armée écossaise de Jacques, il régnait un climat de chasse aux sorcières. Les Loges d’Angleterre devaient bien venir de quelque part et les seules structures délivrant des patentes pour former des Loges avant 1641 étaient les Loges écossaises, tenant leur autorité des statuts Shaw de 1602 (à suivre dans le livre …)

on trouvera dans le premier livre plusieurs chapitres consacrés au Saint Clair (sinclair). Le second livre à paraitre en décembre en est la suite. Prix spécial pour les deux.

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 1717 et la naissance du Druidic Order

En 1717 la société des Antiquarians est rétablie par décret royal et c’est au sein ou à partir de cet incubateur que l’on va pouvoir assister à une triple naissance à Londres en 1717.

  1. La création  de la nouvelle maçonnerie avec Jean Théophile Désaguliers, New­ton, Halley, Wren, Sloane. Folkes, etc.

2) La (re)naissance du Druid Order avec William Stukeley, Pierre Desmaiseaux et John Toland associés à John Clerk, Mau­rice Johnson, les frères Gale. etc.

3) La renaissance de la Society of Anti­quarlans avec tous les membres du Druid Order précités.

C’est ce troisième point qu’il nous faut étudier, car il est révélateur tout autant d’une volonté de scientifiques que d’une position politique de ces derniers. Il s’agit d’un incroyable regroupement de scientifiques progressistes et pacifistes qui souhaite agir sur le monde et qui tendent à s’organiser afin d’être diffusée. Une technocratie ou future technosphère en gestation. De tout temps même les plus modernes, lesdits scientifiques firent souvent ce type de tentatives afin de constituer des contre-pouvoirs out tout simplement des pouvoirs.

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Nous rappelons que la Society of Antiquarians avait été fondée sous le règne d’Élisabeth en 1574 et qu’elle fut interdite par décret de Jacques Ier Stuart en 1610. En effet, l’implication des travaux de cette Society au sein de la controverse de la première moitié du XVIIe siècle tendant à combattre toutes les formes du droit divin au profit de l’établissement d’un droit humain à tous les niveaux de la société, en avait fait un bastion des idées progressistes. L’extraordinaire importance qu’auront les fonds celtiques durant tout le XVIIe siècle repose avant tout sur cette controverse politique et religieuse. Il n’est donc pas étonnant de voir les Antiquarians gyrovagues d’Oxford se fédérer à l’Invisible College puis à la Royal Society entre 1650 et 1662. et il est encore moins étonnant de les voir réunis à nouveau au sein de cette Gentlemen’s Society qui, sans aucun doute possible, est la plaque logistique et de préparation de cette triple naissance de 1717. Un personnage clef va jouer un rôle essentiel et transversal en la personne de William Stukeley, sans doute avec Jean Théophile Désaguliers l’un des plus importants artisans de ce renouveau qui balaie la société anglaise.

William Stukeley. Mezzotint by J. Smith, 1721, after Sir G. Credit: Wellcome Library, London. Wellcome Images images@wellcome.ac.uk http://wellcomeimages.org William Stukeley. Mezzotint by J. Smith, 1721, after Sir G. Kneller, 1721. Published: - Copyrighted work available under Creative Commons Attribution only licence CC BY 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
William Stukeley, fondateur du Druid Order

William Stukeley fut druide et le fondateur du Druid Order qui vit le jour en 1717 en riposte au putsch de la nouvelle Grande Loge de Londre (en fait une arrière salle au fond d’une petite taverne). La taverne qui servit de lieu de baptême était celle du « Pommier » et ce fut le 21 septembre 1717. Cette renaissance doit beaucoup à la rencontre entre Stukeley et John Toland autre personnage importante et Desmaiseaux en 1715. William Stukeley inscrit ses pas dans ceux d’Aubrey afin d’établir une nouvelle vision du monde et de l’histoire en parallèle avec les avancées de la science.

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Princess Elizabeth being initiated into the Gorsedd of Wales (the national Gorsedd of Wales, the Gorsedd Beirdd Ynys Prydain, meaning « The Gorsedd of Bards of the Island of Britain ») by two Druid priestesses, 1946. »

La reine Elisabeth II lors de la cérémonie d’initiation de Grande druidesse (bard)

à suivre …

enjeuxcommemorationoui-je-veux-en-savoir-plusà venir JT Désaguliers, émissaire d’Oxford

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