Art du Grimoire et Tarot

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des imagiers aux angéliques (AGLA), les sociétés secrètes qui sont à l’origine du Tarot

Grimoire provient du grec gramma signifiant écriture.  Pour comprendre le tarot il faut d’abord se retirer de la tête qu’il s’agisse d’un jeu dédié à la mancie (divination) mais d’abord et avant d’un outil lié à l’imaginal (je reviendrais dessus) et à la prophétie (ce qui est différent de la divination qui ne se préoccupe que du sort d’un individu. C’est l’époque aussi de Nostradamus et des Kabbalistes. Il convient pour en comprendre les ressorts de ce rapporter à celui qui a le mieux déchiffré les codes secrets du grimoire avant qu’il ne se perde définitivement à la Révolution française pour être remplacé par des approches symboliques, ce qui est tout à fait autre chose. Si l’on est bine pénétré des ces quelques clés on peut alors progresser dans la compréhension de cette cabale solaire, le plus vieil alphabet hiéroglyphique occidental. Les sources du Tarot sont à la confluence de deux mouvements, l’un à Florence autour de l’Académie florentine de Cosmes de Médicis (courant hermétique) et l’autre en Allemagne avec la diffusion des livres rosicruciens centrés sur la figure légendaire de Christian Rosenkreutz telle qu’elle apparait dans les Noces Chymiques.

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Grasset d’Orcet montre donc que la plupart des dessins, caricatures, compositions de la statuaire ou compositions architecturales du Moyen Age sont anglés. C’est dire que ce sont des grimoires, écritures susceptibles d’une lecture au sens des rébus. D’ailleurs à l’exception de la lame XIII toutes les cartes majeures ou « triomphes » commencent par un « L » (placé comme il se doit à l’angle) : LaNGue L

L’histoire du grimoire est étroitement liée à celle de l’architecture et la diffusion des images. Le Moyen Âge fut le grand siècle des cathédrales, qui offraient de nouveaux lieux d’expression dans la cité, avec une grande profusion des thèmes iconographiques, sans cesse renouvelés. L’édifice religieux offre aux classes dominées le moyen d’exprimer leurs soucis, leurs rancœurs, leurs moqueries. Ce sont les artistes – les imagiers – qui taillent la pierre qui transcrivent ces sentiments populaires. Il existe un langage des cathédrales, mais, contrairement à ce que l’on croit, l’Église romaine connaissait son existence et pouvait, elle aussi, lire son message.

 Selon Grasset d’Orcet « Rome leur accorda constamment la liberté la plus complète de tout penser, de tout écrire et de tout dire pourvu qu’ils se renfermassent dans l’écriture hiéroglyphique, que nous nommons le blason, et le langage fondé sur les mêmes principes, que Rabelais désigne sous nom de lanternois … » (carte de l’Hermite également, figure de Saturne  et qu’il faut lire selon le grimoire comme TEMPLIERE soit Temps qui tends la lumière)

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Les figures et composition des cartes se rapportent à la proportion dorée

Historique

On connaît du XVIIe siècle, trois jeux de Tarots, tous de Paris :
  1. un Tarot anonyme dit « Tarot de Paris » (créé au début du xviie siècle), le deuxième plus ancien exemple de Tarot conservé dans son entièreté avec ses soixante-dix-huit cartes,
  2. celui de Jean Noblet (dont ne manquent que quatre cartes de la série des épées numérotées VI à X)
  3. et celui de Jacques Viéville (également conservé dans l’intégralité de ses soixante-dix-huit cartes) qui apparaissent tous deux vers 1650.

En fait, au cours du 16ème siècle trois principales variétés de cartes susceptibles d’avoir été à l’origine de ces tarots, en raison des relations commerciales et culturelles de de la ville de Paris : les tarots italiens, ceux Lyon où ils ont été sans doute francisés, et les cartes espagnoles d’origine arabe, qui gagnaient en popularité le long du golfe de Gascogne et dans certaines régions de la France, et enfin les jeux de chasse allemands…

Un modèle complètement à part a également été introduit en Sicile autours de 1600, où une autre variante inusité du tarot s’est développée.

Et les jeux de cartes étaient déjà très en vogue en Espagne à cette époque, et ils étaient diffusés dans certaines partie de la France et même outre-Rhin. Il reste également du XVIIe siècle, la plus ancienne règle du jeu de Tarot imprimée, due à la plume de l’abbé Michel de Marolles et imprimée à Nevers en 1637. (L’historien Luc d’Aubusson a retrouvé des règles semblables dans un almanach publié en Espagne en 1585, mais ces règles concernaient le jeu de carte de Séville, dit naibes).
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La diffusion

Les artistes étaient affiliés en corporations, liées à des compagnies errantes d’ouvriers, qui voyageaient de chantier en chantier. Ils utilisaient une écriture hiéroglyphique dans laquelle ils transcrivaient leurs plans, leurs annotations ; elle apparaît au XIe siècle sous le nom de blason. Mais elle est en réalité d’un usage général depuis l’époque gauloise.

Grasset d’Orcet reprend le terme de blason (parfois aussi noble savoir ou art royal) qu’il applique à toutes les écritures hiéroglyphiques en général, y compris les hiéroglyphes grecs.

« Les Grecs écrivaient leur rébus en vers trochaiocatalectiques de huit syllabes ou quatre pieds terminés par un trochée. Ce vers s’est conservé dans le blason moderne, avec cette différence que la dernière syllabe, et quelquefois la pénultième, doivent contenir la lettre L C’est cette innovation, insignifiante en apparence, qui semble avoir fait le succès du blason français, en rendant la lecture plus facile que celle des autres. Il est certain qu’il a existé un blason germanique, mais il n’a pas survécu aux conquêtes de Charlemagne. En revanche il y a tout lieu de croire que les blasons arabes et persans subsistent encore. On l’a trouvé partout où l’homme a atteint un certain degré de civilisation, et il est tellement ancré dans l’esprit humain, qu’après avoir servi à protéger la liberté de la pensée il est resté pour amuser les lecteurs de journaux illustrés français. » Grasset d’Orcet

TAROT et Art du « Blason »

Le Tarot relève d’un art très ancien, l’art du blason véhiculé par les hérauts et autres porte étendards aux services des princes et éminences qui pratiquaient l’art ancestral du Rébus.  Cet art fut entendu jusqu’à Rabelais dont l’oeuvre toute entière n’est que son application littéraire. Grasset affirmait déjà dans « Un saint national en Auvergne »

Le rébus n’a pas précédé l’écriture, mais il apparaît au second âge de tout art original, dès qu’il s’est formé des artistes assez habiles pour imiter les objets avec une fidélité qui permette de les reconnaître sans difficulté.

Aussi le rébus est-il l’écriture particulière au onzième Quant l’art est en pleine maturité, il abandonne le rébus pour la charade. Littré définit très mal ce mot, qu’il croit du dix-huitième siècle, et qu’iI fait venir de charrette ! Ducange, au contraire, en donne une explication complète, qui le fait remonter à une très haute antiquité. On nommait carajes ou caraies, de caragma (dessin, grimoire), des sorciers usant de caractères mystiques. Odon de Cluny parle dans la vie de saint Géraud d’Aurillac, « des voleurs, des faux témoins, de tous ceux qui font des vœux à des arbres ou à des fontaines, ou de tous ceux qui se sont rendus coupable de charades pour eux et pour les autres ». Plus tard la charade devint ce qu’elle est encore, caragium est in ludis quando proverbia dicuntur. Une charade est un proverbe en action. 

Les artistes de mérite viennent pour la plupart de l’Île de France (Abbaye de Saint Denis ?) et sont demandés dans toute l’Europe. Dès la fin du XIe siècle, la langue française est l’idiome adopté par toutes les corporations artistiques. C’est la corporation des émailleurs qui a fourni la langue et les règles du blason. Mais la corporation des tailleurs était chargée de composer les devises, qui signifient choses à deviner. Les anciens uniformes et livrées étaient toujours blasonnés. Émailleurs et tailleurs ont donc inventé le blason proprement dit, ou les armoiries.En réalité, l’idiome vulgaire existait dès l’époque mérovingienne, sous le nom de langue thais, du grec « thés »,  domestique. Et c’est :

[…] à partir de Charles le Chauve que  le grimoire en latin vulgaire, ou français, dit gallois, aultier, gaultique, gilpin, etc., se répandit dans tous les pays d’Europe sans exception. On pourra se rapporter à ce qu’en dit également Fulcanelli.

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en préparation « La Maison de Dieu ou les dessous d’une carte, Tarot et Art du grimoire »

Le Tarot et les Rose Croix

à venir  … le tombeau de Christian Rosenkreutz et les sources du Tarot

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