Les quatre vents de l’Arcane XXI

Aux sources du Tarot à la lumière des mystères de l’Antiquité et du livre des Morts égyptien.

L’arcane XXI a fait couler beaucoup d’encre et une fois de plus il suffisait de voir ce qu’il fallait voir : ISIS tenant la verge retrouvée d’Osiris et de l’autre main le flacon servant à oindre le Mort-Roi ressuscité. Si cette carte s’intitule le Monde c’est aussi parce qu’elle signifie l’Esprit de vie insufflant ses quatre modalités aux quatre points cardinaux ( qui deviendront aussi dans la sphère chrétienne les quatre vertus cardinales que nous retrouvons également parmi les 22 arcanes du Tarot (avec la Prudence !)

Diagramme, pour les explications se référer au livre

Les quatre modalités typiques de l’esprit de vie sont matérialisées par les 4 faces et 4 points cardinaux de la Pyramide. Ils sont comparés au souffle exhalé par le museau des taureaux et cette symbolique se retrouvera dans la « mer d’Airain » soutenu par quatre taureaux du temple de Salomon. Elle se poursuivra naturellement dans la croix de Jésus où les quatre branches de la croix renvoient également aux quatre points cardinaux. Le Christ a lui même évoqué les Pyramides d’Egypte en référence avec la foi dans Mt. 17,20; 21, 21 !…..

FORTUNA PANTHEA; Elle fut souvent dans la Rome antique associée avec le culte d’Isis. portant sur la tête le polos, symbole de la voûte céleste, et dans la main droite la corne d’Amalthée ou d’abondance. Ici en raison d’une certaine confusion avec le suaire (carte précédente) le polos est porté à la façon d’une écharpe et un flacon d’huile ou de myrrhe a remplacé la corne.

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Dans le temple d’Opet à Karnak dont les salles intérieures ont été décorées par Ptolémée VIII Evergète sont représentés des génies figurant les quatre vents. Ils sont orientés d’après les points cardinaux et se trouvent placés au-dessus du bandeau de la frise, dans la salle centrale.

Sur la paroi nord, se trouve un bélier à quatre têtes, appelé e vent du Nord ; sur la paroi sud, un bélier à quatre ailes,  le vent du Sud; sur la paroi est, un scarabée à quatre ailes. « le vent de l’Est »; et sur la paroi ouest, un faucon à tête de bélier, le vent de l’Ouest.

Ces images sont accompagnées d’inscriptions fort mutilées que l’on peut lire comme suit :

  1. Paroi nord : le bon vent du Nord, le frais est son nom, le souffle de vie, le vent frais qui satisfait les champs. qui relui fertile le flot sur la terre, qui donne le souffle de vie aux narines d’Osiris-Ouennefer..
  2. Paroi sud : le bon vent du Sud. Il est celui qui fait sortir l’inon­dation de la caverne de l’Océan primordial pour inonder le pays de tous ses glorieux produits, pour alimenter les autels de toutes bonnes choses, à l’intention d’Osiris-Ouennefer, le justifié.
  3. Paroi est:  Le bon vent de l’Est. Il est Osiris qui est engendré dans l’autre monde journellement. Il élève ton âme vers le ciel avec les étoiles les dieux, Osiris -Onennefer, le roi des dieux.
  4. Paroi ouest : Le bon vent de l’Ouest. Il est celui qui crée l’eau de l’inondation dans le ciel, pour faire resplendir la terre de ses fruits et faire croitre toutes les fleurs, à l’intention d’Osiris-Ouennefer, le roi des dieux  Isis, la grande, la mère du dieu, régente de tous les dieux.

Lorsque Court de Gébelin eut sa géniale intuition concernant le Tarot les outils d’analyse faisaient défaut, l’Egypte était encore loin et surtout Champollion n’avait pas encore donné sa première traduction des inscriptions de la Pierre de Rosette.

Dans son étude il émet l’idée que les signes peuvent être des idéogrammes (exprimant une idée) et des phonogrammes (exprimant un son, comme pour la transcription de noms étrangers). Il explicite sa théorie :

« … dans les hiéroglyphes il y a deux sortes de signes : 1) Six signes alphabétiques 2) Un nombre […] déterminé d’imitations d’objets naturels »

Après un premier succès et nommé à Grenoble il y exerça son magistère de 1812 0 1821 en qualité de professeur d’histoire.

À partir de 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux, dont celui de Ptolémée V sur la pierre de Rosette, puis celui de Cléopâtre sur la base d’un obélisque et sur un papyrus bilingue. Un ami, l’architecte Jean-Nicolas Huyot, lui ayant envoyé des reproductions de détails issus des temples d’Abou Simbel qui venaient d’être découverts, Champollion y repère dans un cartouche le signe solaire de Râ (Rê), un autre signe qu’il savait être M et deux S : RâMSS, donc Ramsès, ce qui en même temps signifie « Rê l’a mis au monde ». Idem pour ThôtMS, Thoutmôsis : le 14 septembre 1822, il peut donc aussi lire les noms égyptiens, s’exclamer « je tiens mon affaire » puis selon la légende familiale (hagiographie du fils de Jacques-Joseph Champollion, Aimé-Louis (1812–1894)95) tomber dans un coma quelques jours. Ce déchiffrement signe l’acte de naissance d’une nouvelle science, l’égyptologie. Le 27 septembre 1822, il écrit la lettre à M. Dacier relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques dans laquelle il fait part de sa découverte d’un système de déchiffrement des hiéroglyphes :

« C’est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. »

Il faudra encore deux ans à Champollion pour publier son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens et ouvrir les portes de l’égyptologie scientifique. Et c’est Le 27 septembre 1822, que Jean-François Champollion (32 ans) découvre le secret des hiéroglyphes, l’écriture des anciens Égyptiens au terme de recherches harassantes qui auront vite raison de sa santé. Il lui restera un rêve à accomplir : visiter l’Égypte qu’il fera peut de temps avant de mourir d’épuisement à l’âge de 42 ans.

En ce qui me concerne c’est par un processus comparatif semblable d’un point de vue épistémologique qu’il me fut donné accès à la claire lecture du Tarot. Mais en cela j’étais aidé à la fois par ma formation universitaire initiale et mon expérience du décryptage avancé des langages et codes dans le cadre de missions classifiées à l’époque pour le ministère de la Défense nationale. Comme Jean-François Champollion, il m’a fallu abandonner tous mes préjugés et partir de ce seul point qui vaille : jusqu’à présent et en dehors de la géniale intuition du genevois  Gébelin rien de valable n’avait été dit sur le Tarot sinon des projections basées sur l’humeur ou la poésie de son interprète improvisé.  Ma pierre de Rosette à moi fut l’arcane XVI du Tarot dans lequel il me fut donné de voir comment ce réseau sémantique élaboré (analyse structurale et sémantique) est organisé tel un langage. Je me souvins aussi des cours de mon professeur en néo-platonisme Pierre Hadot et fort de cette avancée je pu dégager un premier niveau puis comme dans une fouille archéologique, les strates plus anciennes émergèrent à l’issue de ces premiers déblaiements.  En fait je compris ensuite où se situait la matrice première dont il ne restait parfois que des fragments car le Tarot est en réalité un palimpseste sur plusieurs niveaux construit autour d’un récit ordonné et concis. Certains niveaux inférieurs ne laissent transparaitre qu’une partie du message et interfèrent avec les strates les plus récentes. Ce travail est maintenant à disposition pour permettre une meilleure compréhension des voies de la Tradition au travers de ses divers Liber Mutus (Fulcanelli en avait fait l’objet de ses études) et sa réception contemporaine, puisse t-il en être fait bon usage. Le Tarot est un Tao et la divination est la plus mauvaise façon de l’appréhender, sa lumière est ailleurs.

Johan Dreue (FCH)

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