L’évangile d’Henry Dunant

Le fondateur et concepteur de la Croix Rouge a plus d’un visage que nous avons tenté de reconstituer. Mais « Qui » est Henry Dunant ? C’est à quoi nous nous efforçons de répondre avec de nouveaux éclairages sur sa personnalité hors norme.

« Henry Dunant ne se considérait pas seulement comme philanthro­pe, pas seulement comme fondateur de la Croix-Rouge et d’autres œuvres de dimension humanitaires, mais comme un théologien, homme de Dieu et prophète. La religion est le cadre, le Tout ; elle n’est pas un aspect de la personnalité du fondateur de la Croix-Rouge. Au contraire, la Croix-Rouge est une conséquence de sa grande vision religieuse du monde. Dunant a cependant toujours insisté sur la stricte neutralité religieuse de la Croix-Rouge. L’œuvre provient de la foi, mais n’est pas à confondre avec elle. La religion renvoie l’éthique dans le domaine de l’humain. » Johan Dreue

Aujourd’hui YMCA avec plus de 60 millions d’adhérents

Esquisse d’un premier TOUT : L’union Chrétienne des Jeunes Gens

Préambule :

Le milieu dans lequel évolue le jeune Henry à Genève est très pieux sinon parfois piétiste. Sa rencontre avec la foi fut aussi celle de la misère humaine et il y a du Jean Valjean chez l’adolescent genevois. . En effet son père en tant que mem­bre du Bureau de bienfaisance, Jean-Jacques Dunant, est appelé à contrôler les conditions de détention de prisonniers genevois délocalisés à Toulon. En été 1836, son épouse et son fils aîné l’accompagnent. Henry Dunant fait là l’expérience de la croix et dans ses Mémoires rédigés à la troisième personne, il revit la scène : « le bambin qui accompagnait ses parents dans une visite au bagne de Toulon, avec ses forçats enchaînés et trop souvent malmenés, se promit bien alors, qu’une fois grand, il écri­rait un livre contre ce qui lui paraissait une monstrueuse ini­quité sociale ». Il fit en réalité bien plus.

A dix ans, le jeune bourgeois entre au collège fondé par Calvin, célèbre creuset où se mêlent les fils de familles de rangs sociaux variés. Côté religion, il excelle, décrochant des prix très appréciés à l’époque, trois années consécutives. Pour le reste le bilan est mitigé et il quitte le collège en 1842. Pendant cette période où le jeune homme se forge une per­sonnalité, l’Eglise protestante de Genève est secouée par une contestation inspirée par des piétistes anglo-saxons, qui lui reprochent un rationalisme excessif et une rigidité insti­tutionnelle. Réforme dans la Réforme, le Réveil est animé par des hommes au souffle rénovateur. Une communauté s’établit à la chapelle de l’Oratoire, sous le nom de Société évangélique, encore active. Elle est encore  rayonnante aujourd’hui. Au sein de cette communauté se dresse un prédicateur de talent qui ouvre son « École du dimanche », il devient la figure de proue et l’apôtre le plus en vue  du Réveil. Il s’agit du  pasteur Louis Gaussen. Son influence sera déterminante dans la vie du jeune Henry à la recherche d’une lumière et d’un sens à donner à sa vie.

On peut résumer quelques principes de ce mouvement. Le croyant établit un contact direct avec Dieu et Jésus-Christ, par la prière, sans intermédiaire. La Bible étant la parole de Dieu, il convient de la lire à la lettre et de l’inter­préter soi-même. Les prophéties et l’Apocalypse méritent une attention particulière, de sorte que chacun est invité à se représenter concrètement l’avenir de l’humanité. Les juifs forment le peuple de Dieu ; tant qu’ils seront dispersés dans le monde et que le Temple de Jérusalem ne sera pas recons­truit, le Christ ne redescendra pas sur la Terre. Le croyant doit agir : témoigner, évangéliser, secourir les déshérités ; faisant partie des élus de Dieu, il est investi d’une mission auprès des hommes.

L’expérience des humbles et proscrits

A la lumière de ces principes et se sentant à son tour missionné, c’est à cette époque qu’il adhère à la Société d’au­mônes, consacrant « ses loisirs à visiter les indigents, les infirmes, les mourants, leur portant secours et consola­tions ». De même, « à 20 ans, il passe ses après-midis des dimanches à faire des lectures de voyage, d’histoire, de science élémentaire, aux condamnés, dans la prison de Genève, dont le chapelain lui ouvre les portes de la chapelle avec empressement ». Ce sera sa formation au christianisme social, le même qui sera repris bien plus tard par une figure comme celle de l’Abbé Pierre en France.

La conversion des cimes. Genève 1847

Nous le voyons le jeune Dunant entend vivre sa foi intensément et opérer un retour aux concepts de l’Eglise primitive. En été 1847, un événement le fait passer d’un versant à l’autre de la pratique religieuse : une espèce de «passage du col » qui se produit, justement, dans les Alpes, à l’occasion d’une marche de quelques jours en montagne avec deux amis. Une ivresse des sommets d’un genre non répertorié, non pas une expérience mystique mais quelque chose comme une vocation, une conviction, une communion nouvelle.

Voir et souscrire au livre ici

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s