Archives pour la catégorie Théosophie

Quand René Guénon séjournait aux Avenières

Réné Guénon

 

De nombreuses personnalités sont venues en pèlerinage au domaine du temps d’Assan Dina et aussi une fois celui-ci disparu avec Mary Shillito. Oswald Wirth le grand réformateur de la Franc-maçnnerie française y séjourna également. La vie et l’histoire de René Guénon est définitivement liée à celle de Mary Shillito et des Avenières. Normalement il aurait du rentrer en France et sans le mariage de Mary Shillito avec Ernest Britt son destin aurait été tout autre. Ce que l’on sait moins c’est que cette dernière est revenue le voir en 1935 ! la preuve a été donné par René Guénon lui même dans sa correspondance à propos du divorce de Mary avec Ernest Britt :  C’est elle même qui me l’a raconté quand elle est revenue ici (ce devait être en 1935). Quand est-il venu et quels furent ses liens avec la veuve d’Assan Dina ? c’est ce que nous allons voir ici.

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Lama Dorjieff et la tradition secrète

lamadorjieff

L’aventure peu ordinaire du précepteur du Daïla Lama no 13 qui prépara courageusement les voies du Tibet libre et indépendant, Mage auprès du Tsar Nicolas II, il fut un acteur occulte important de la politique mongole russe avant et après la révolution : son rêve d’une PAN MONGOLIE fut à deux doigts d’aboutir .. Il eut sur son chemin des hommes comme Gurdjieff avec qui il fut parfois confondu mais surtout le prince Esper Eperovitch Ouktomsky et mena de pair avec lui la politique étrangère  e la Russie aux confins des territoires jusqu’au Tibet où il avait ses entrées au palais  …

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Friedrich Herbort, le marquis de Vaucroze et les illuminés d’Avignon

herbort-biographieLe professeur Eugène Susini s’est particulièrement intéressé à ce comte Vernetti de Vaucrose dans les papiers duquel il espérait trouver des lettres de Franz von Baader avec qui il a correspondu. Voici ce qu’il écrit à son sujet : « Parmi les théosophes et illuminés plus ou moins obscurs que nous rencontrons à propos de Baader, celui-ci est à coup sûr celui qu’enveloppe le plus grand mystère. Différentes études citent son nom en rapport avec des théosophes et des mystiques plus connus, mais les détails manquent et non seulement nous ne connaissons de lui aucun document écrit en dehors de quelques fragments de lettres, mais nous n’avons même sur sa personne aucun renseignement précis. »
On sait tout de même que le chevalier, marquis et comte de Vaucrose est né en 1758 et qu’il est décédé en Suisse, le 22 octobre 1834, âgé de 76 ans. Grâce à la correspondance entre Herbort et Meyer repertoriée par le professeur Jacques Fabry, on en apprend un peu plus sur lui. Bien entendu, il ne reste rien de la correspondance entre Herbort et Vaucrose, puisque les papiers de l’un comme de l’autre demeurent introuvables. Rappelons tout d’abord que Vaucrose est connu et cité par plusieurs auteurs pour avoir offert aux Illuminés d’Avignon et à leur chef Dom Pernéty l’hospitalité dans son domaine situé près de Bédarrides. Plus exactement, c’est dans une maison située sur une colline baptisée par Pernéty Mont-Thabor, à quelques kilomètres de la propriété appelée encore aujourd’hui Grand et Petit Vaucrose que se réunissaient le maitre et ses disciples. Selon Marc de Vissac, Vaucrose avait un esprit primesautier et très malléable, une nature inflammable et qui s’emballait vite. Herbort confirmera, en d’autres termes, ce jugement.
Les deux hommes font connaissance à l’été 1817. Ils resteront liés jusqu’au décès de Herbort et se verront au moins une fois l’an. C’est que Vaucrose, véritable « commis-voyageur de l’Illuminisme », pour reprendre l’excellente formule utilisée par A. Viatte à propos de Divonne, se déplace beaucoup, et à travers toute l’Europe. Il a même littéralement la bougeotte. Herbort relate à Meyer sa première rencontre avec l’Avignonnais :

« Il m’a été adressé depuis un Chevalier de Vaucrose, d’Avignon,ancien officier de cavalerie, comme un frère (maçon) aux dispositions authentiques envers la religion; il a le sentiment que la nation française ne pourra pas continuer longtemps sur ce pied-là, qu’elle est complètement corrompue, que la foule manifeste une très forte propension à vouloir fondre à nouveau sur d’autres pays, sous la conduite de Napoléon ou d’un autre meneur du même style, pour pouvoir continuer à vivre en pillant comme elle l’a déjà fait. »
Un jugement politique assez outré, on le voit, qui correspond bien au caractère du personnage. Dans la même lettre, une autre précision a son importance:
« Ce chevalier de Vaucrose a été l’ami intime de Saint-Martin et il lui succède dans la traduction de J. Böhme en assurant celle du Mysterium Magnum.« 

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Friedrich Herbort ésotériste suisse

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Friedrich HERBORT, né en 1764 dans une famille de patriciens bernois, entre en 1803 au Conseil des mines et siège dès 1795 au Grand Conseil de Berne, c’est-à-dire au gouvernement. En 1783, la lecture du Tableau Naturel de Louis-Claude de Saint-Martin décide d’une orientation théosophique à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort, survenue en 1833. En 1812, il fonde la Société secrète des Pélerins de Salem, une société «d’hommes de désir» dont la forme extérieure est maçonnique et dont l’esprit rappelle le premier rosicrucisme d’Andreae. A l’intention des membres de l’association, il rédige, en français, le Manuel des Pélerins de Salem, un «guide spirituel de poche», ainsi que d’autres traités au contenu ésotérique et théosophique qui constituent une sorte de synthèse des idées théosophiques chrétiennes. Auteur très modeste, il s’en tient à de vagues projets de publication et abandonne à ses amis les fruits de son érudition. C’est ce qui explique la présence, dans le fonds Meyer, d’une grande partie des manuscrits de Herbort. Parmi les vingt manuscrits retrouvés, citons Adam (1811), un traité de cosmogonie d’inspiration kabbalistique, Bref précis de Théologie, Emanation (1828), Le dualisme (1818), La migration des âmes, un traité sur la réincarnation, doctrine qu’il ne jugeait pas incompatible avec le christianisme, et enfin le Compendium hermeticum.

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Les cahiers de la Tara Blanche

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Prochainement, les dossiers restés inexplorés des enjeux de la politique tsariste de Nicolas II et reprise par les actuels dirigeants de l’Ex-URSS. Quand les mages régnaient à la cour impériale de Saint Petersbourg.

Nous devons une partie de ces documents à notre regretté Maitre Korvin von Krasinski  que nous avons eut le privilège de rencontrer sur son lieu de retraite  à Maria Laach en Allemagne dans les années 80 puis au delà. Il fut le dernier maillon d’une longue chaine qu’il n’est pas faux de ranger dans la catégorie des « Supérieurs Inconnus ».

 

korvin_krasinskien 1925, le nevau de Piotr Alexnadrovitch Badmaiev, éxilé en Pologne suite à la révolution bolchevique, soignait un jeune pianiste de 19 ans, Johannes von Korvin Krasinski, qui étudiait pour être admis au con­servatoire de Paris, et qui était très malade: il ne pouvait rien manger, et presque plus bouger, en devenant de plus en plus faible. Sa tante l’emmena chez le docteur Badmajeff qui constata chez le jeune une paralysie de l’appareil gastro-­intestinal, et qui lui pratiqua ce que l’on appelle « opération sèche ».

Le jeune guérit rapidement, et il n’alla plus au conser­vatoire de Paris, mais il entra, en tant que père Cyrill von Korvin Krasinski, au monastère bénédictin allemand de Maria-Laach, où il étudia pendant toute sa vie, à côté de la philosophie occidentale et de l’ethnologie, la philosophie et la médecine tibétaines, et publia plusieurs ouvrages à ce sujet (voir bibliographie).

Certains renseignements très précieux nous proviennent justement du père Krasinski, que nous avons connu per­sonnellement, et avec qui nous avons entretenu une corres­pondance. Dans un de ses ouvrages, Trina Mundi Machina, il explique que, malgré ses tentatives réitérées, le docteur Wlodzimierz Badmajeff, son maître, il ne réussit jamais à réveiller dans ses collègues occidentaux la compréhension théorique de la science médicale lamaïste, complètement différente de l’occidentale en ce qui concerne les principes.

Dans un autre de ses livres, Mikrokosmos und Makrokosmos in religionsgeschichtlicher Sicht, le père Krasinski donne une ex­plication très exhaustive de la doctrine des correspondances réciproques entre l’homme et le monde gardée par le lama­ïsme tibétain, en précisant que cette doctrine est représentée par le symbole appelé en tibétain namtchouwangdan, reproduit sur les murs extérieurs des temples lamaïstes en tant que monogramme du microcosme (voir à ce propos la lettre de Jean Calmels du 16 avril 1942, avec la note relative).

La doctrine du microcosme s’appuie sur les trois prin­cipes métaphysiques qui gouvernent l’univers entier, et que l’on pourrait traduire par : idée du monde, force ou énergie du monde, et substance du monde, c’est-à-dire ses aspects statique, dynamique et « matériel ». Dans le lamaïsme mon­golo-tibétain, ces principes assument les noms de chi (pneu­ma), schara (bile) et badahan ou badgan (phlegme), qui ré­vèlent une analogie indéniable avec les trois principes alchi­miques connus en Occident mercure, soufre et sel.

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L’ésotérisme maçonnique et templier de Zacharias Werner

L’homme matériel aspirait au bouquet de roses qui devait le régénérer par les mains de la belle Isis.

Gérard de Nerval

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Dans son introduction, l’auteur étudie d’abord la Franc-maçonnerie allemande au XVIIIe siècle et il donne de l’histoire si complexe et si confuse de celle-ci un résumé aussi clair que peut le souhaiter un esprit français. Le chapitre I étudie l’Initiation, les Débuts (1792-1797) ; le chapitre II, l’Apogée : Varsovie, Königsberg, Berlin (1797-1808) ; le chapitre III est consacré à une étude approfondie du symbolisme maçonnique (1- Rites initiatiques, 2- Arithmosophie, 3- Attributs et Emblèmes, 4- Franc-maçonnerie et Alchimie, 5- Franc-maçonnerie et Magie) qui est ce que l’on peut trouver de mieux sur la matière, le chapitre IV qui est le corps de l’ouvrage a pour titre La Gnose Maçonnique et se trouve divisé en quatre parties (Le Millénarisme, Le Catholicisme épuré, Éléments théosophiques (Jacob Böhme, Louis Claude de Saint-Martin), Éléments piétistes) ; le chapitre V étudie Le Système de Werner (Critique de la Franc-maçonnerie, La Franc-maçonnerie idéale) et la Conclusion qui a pour titre « De la Franc-maçonnerie au Catholicisme » rend compte de la conversion de Werner et de ses causes tant générales que particulières. On voit ainsi l’ampleur de la matière traitée. Sans doute, pourra-t-on trouver que dans le chapitre IV l’exposé très minutieux de la théosophie de Böhme et de Saint-Martin est peut-être un peu long ? L’auteur n’a rien épargné pour établir la filiation des influences mystiques qui ont leur source dans les oeuvres des deux théosophes et dont l’oeuvre wernérienne est tout imprégnée. Mais il faut le remercier d’avoir mis en relief le rôle de l’oeuvre de Saint-Martin sur la pensée allemande, et ce n’est pas le spécialiste français du Philosophe Inconnu, c’est-à-dire M. Robert Amadou, qui se plaindra de l’éclairage supplémentaire ainsi dirigé sur Saint-Martin. Le pays de la Schwärmerei, de l’exaltation mystique et métaphysique ne pouvait manquer d’être réceptif aux idées de celui-ci. M. Guinet a donc brossé pour les XVIIè et surtout XVIIIè siècles allemands un tableau très précis des mouvements spirituels en Allemagne. Ceux-ci se résument en somme dans le piétisme d’abord opposé au luthéranisme orthodoxe contraignant et desséchant, puis ensuite au rationalisme de l’ Aufklärung, au criticisme kantien adversaire résolu de toutes les effusions et épanchements mystiques.

En lisant l’introduction sur la franc-maçonnerie allemande au XVIIIè siècle, on constate qu’à la seule exception des Illuminés de Bavière fils du rationalisme du temps, tout le reste des maçons allemands a donné, avec la Stricte Observance du baron de Hundt, avec le Cléricat de Starck, avec l’obédience fondée par Zinnendorf, dans le mysticisme maçonnique qui a pour origine l’écossisme et qui de plus se réclame de l’ordre du Temple. Faut-il admettre avec M. Guinet que la maçonnerie templière ait une origine française : « avec des grades templiers auraient déjà existé en France… ». Le conditionnel s’impose, car jusqu’à présent, il n’y a pas de preuves qu’il en ait été ainsi.

Mais, ce qui est sûr, c’est dans une franc-maçonnerie à tendances fortement mystiques qu’a été initié le jeune Werner, et c’est parce qu’elle l’était qu’il y a cherché comme l’ont fait et le font encore beaucoup d’âmes et d’esprits un aliment spirituel et une réponse aux inquiétudes et aux angoisses qui traverseront toujours les êtres humains. « … Je tiens Jésus-Christ pour l’unique et suprême maître de la Franc-maçonnerie… » écrit Werner à un de ses amis. Mais cette affirmation ne saurait être séparée d’une autre qui l’explique. L’hommage rendu par lui à Jésus-Christ est un hommage rendu à la foi catholique qu’il tient pour la meilleure « … parce que l’idée capitale de médiateur qui est le fondement de toute religion… » lui paraît s’y exprimer de la plus splendide façon. Pourquoi alors passer par la franc-maçonnerie pour aller du luthéranisme qui donne beaucoup à la grâce et fort peu à la liberté, au catholicisme plénitude de l’idée religieuse. C’est que Werner admire non le catholicisme de son époque, mais un catholicisme idéal : « … Je déteste et j’exècre au plus haut point le catholicisme actuel. Il est tombé si bas qu’aucun homme sincère ne peut faire cause commune avec lui… » . Or ce catholicisme idéal se confond pour lui avec le christianisme primitif et « … Maçonnerie et christianisme primitif…, ces deux termes sont synonymes… », écrit-il à Scheffner.

Dans ces conditions, « la Maçonnerie ne peut avoir d’autre but… que de rétablir le christianisme primitif dans toute sa gloire… ». En réalité, ce que traduit cette pensée de Werner, c’est l’insuffisance du luthéranisme officiel pour les esprits mystiques de ce temps auxquels la franc-maçonnerie offrait une Église où ils pouvaient s’épancher, nourrir leur foi et cultiver leurs rêveries. Combien forte aussi se révélait la tentation du catholicisme idéal, du christianisme primitif et c’est pourquoi, du reste, dans cette oeuvre essentielle du poète, les Fils de la Vallée toute nourrie de l’ésotérisme maçonnique le plus large, Werner oppose de façon constante le Temple, voué à la destruction, à la Vallée, église de l’idéal et de l’avenir (on remarquera au passage que dans le rite écossais les loges se nomment chapitres et que le terme d’Orient est remplacé par celui de Vallée). Cette aspiration, diese Bestrebung, vers l’idéal est sous-tendue dans toute l’oeuvre wernérienne comme dans toute la gnose maçonnique par l’idée de régénération. L’homme a brisé l’unité de la création par le péché originel et l’égoïsme qui en est l’essence, car ainsi que l’écrit le poète « … L’illusion de devenir Un et quelque chose (l’égoïsme) le fit tomber… » . Il faut donc opérer la réintégration, retrouver l’unité divine et M. Guinet conclut l’analyse de la pensée wernérienne ainsi :

«… Tel est le terme de l’évolution humaine, la divinisation par l’amour sous la conduite de la Franc-maçonnerie… » .

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de Lhassa à Saint Petersbourg

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 de Lhassa à Saint Petersbourg : dans l’ombre des Maitres

Il est indéniable que la filière eurasiate représente au même titre que la filière gréco-judaïque une longue chaîne de Maitres qui est restée ininterrompue jusqu’à nos jours, au moins avec des documents jusqu’à la seconde guerre mondiale. De cette filière, sans doute l’une des plus importantes de l’humanité, nous n’avons eu d’échos que de la fondatrice de la Société Théosophique, à savoir Mme Héléna Petrovna Blavatsky, mais ce sont les documents relatifs aux différentes expéditions ayant eut lieu au Tibet ou à ceux relatifs à l’introduction progressive de la médécine tibétaine au sein même de la cour impériale du Tsar Nicolas II qui nous permettent aujourd’hui de voir comment cette chaîne des maitres a pu préserver l’essentiel de l’enseignement ancestral préservé jusqu’alors dans les principaux monastères tibétains ou dans les traditions des bouriates. Dans ce cahier nous donnons un aperçu sur les principaux acteurs de ce « Grand Jeu » où l’Occident joua son destin tragiquement.

theosophical_societyLogo de la Société Théosophique créée par Hélena Petrovna Blavatsky

L’histoire de la médecine tibétaine en Russie entretient des liens étroits avec l’histoire du bouddhisme en Russie. Nous allons donc commencer par une brève introduction de la façon dont le bouddhisme est venu en Russie. Aujourd’hui, il y a trois régions de la Fédération de Russie où le bouddhisme tibétain est pratiqué : la République de Kalmoukie, la République de Touva et  la Bouriatie, qui se compose de la République de Bouriatie et de plusieurs régions autonomes plus petites, comme Aga-Bouriatie (Aginskiy-Buryatskiy, arrondissement d’Avtonomny). Dans ce qui suit, nous nous concentrerons sur la Bouriatie.

Selon John Snelling  et Terentyev, la migration des clans bouriates de la Mongolie au sud-ouest du territoire et à l’est du lac Baïkal a commencé dans la seconde moitié du 17ème siècle et a continué au cours du 18ème siècle.  A la même époque, les avant-postes de l’empire russe atteignent la Transbaïkalie. Les cosaques ont commencé d’investir la région, construire des forts pour le commerce et pour leurs troupes. Russes et Bouriates ne pas toujours sur la même ligne d’entente. Dans le même temps, cependant, la dynastie mandchoue et les Bouriates a choisissent la Russie plutôt que la Chine comme leur protecteur reconnaissent sa souveraineté.

Le régime Mandchou avait la réputation d’être très cruel ce qui en comparaison faisait passer  les  Bouriates pour le moindre des deux maux. Les Bouriates pratiquaient le chamanisme et ne sont pas particulièrement intéressés par le bouddhisme au premier abord. Ce n’est qu’au début du 18ème siècle que le bouddhisme démarre lentement pour pénétrer dans les steppes et les semi- steppes à l’est du lac Baïkal. En 1712 ou 1720 un groupe d’environ 150 moines du Tibet et de la Mongolie parviennent en Bouriatie. Comme Snelling l’a expliqué dans son livre, ils avaient été utilisés dans une sorte de tour de passe-passe à Gomang au Collège de Drepung, la grande université monastique juste à l’extérieur de Lhassa.  Le reste était composé de Mongols les ayant rejoints sur la lancée.

Parmi le groupe il y avait un Emchi – le mot mongol pour un médecin tibétain – appelé Chokyi Nawang Phuntsog. Ce fut un acteur majeur de la médecine tibétaine en Bouriatie.

Les lamas furent autorisés à rester par le gouvernement puis exemptés d’impôt. Ainsi le  bouddhisme gagne très lentement du terrain au cours du  siècle. Le régime tsariste ne s’oppose plus à son développement, en dépit des protestations du clergé orthodoxe. La bienveillance des autorités à l’égard de l’élite Bouriate dans le domaine délicat de la frontière est considérée comme plus importante que les scrupules de l’église orthodoxe. En 1822, la loi dite loi Speransky fixe les privilèges bouriates tels que l’exonération de l’impôt ou l’obligation du service militaire. Le bouddhisme commence à s’épanouir. Trente-quatre monastères sont comptabilisés en 1850. Certains d’entre eux avaient d’énormes universités où plusieurs milliers d’étudiants étudiaient. En fait c’est tout le programme des collèges de renom du Tibet qui y est introduit, et l’ensemble du système de l’enseignement bouddhiste tibétain pourrait être suivie en Bouriatie  jusqu’au degré geshe, équivalent à docteur en médecine dans la philosophie bouddhiste.

Note : Le guéshé (en Tibétain dge bshes, diminutif de dge-ba’i bshes-gnyen, en français « ami vertueux », traduction du Sanscrit kalyāņamitra) est un diplôme délivré à des moines bouddhistes de la tradition du bouddhisme tibétain. Le guéshé est reconnu principalement par la lignée Gelug, mais il est aussi décerné dans les traditions Sakya et Bön

C’est donc de pair avec le bouddhisme, que la médecine tibétaine s’implante peu à peu en Bouriatie.

Les débuts historiques du bouddhisme en Russie.

Bien que la culture et l’histoire des Bouriates, Touvas et Kalmouks proviennent d’ethnie distincte, l’évolution de leur organisation sociale et politique ainsi que leur langue écrite comprend de nombreux points communs.

Cela tient au fait que les trois groupes ethniques ont fait appel à une forme de bouddhisme tibéto-mongol. En outre, l’acquisition de la Bouriatie et de la Kalmoukie au sein du territoire national, la mise en place d’une tradition ethnoculturelle intégrant le modèle de l’administration politique russe a considérablement facilité l’expression de leur patrimoine culturel.

La région bouddhiste de Bouriatie-Mongolie

Ces tribus mongoles du Nord tombées sous le contrôle des Russes ont été au cœur de la politique des Bouriates du XVIIème au XIXème. Selon le traité de paix « Nerchinski » conclu entre la Chine et la Russie en 1698, la Transbaïkalie fut annexée à la Russie. Les Bouriates qui habitaient cette terre ont obtenu la citoyenneté russe, et n’ont pas été forcés de se convertir au christianisme orthodoxe russe. Les missionnaires orthodoxes baptisaient seulement ceux qui l’acceptaient. (extrait) à suivre dans le cahier

Au sommaire de ce cahier :

  1. La prophétie de la Tara Blanche
  2. Le grand jeu ou le rêve d’une Pan Mongolie
  3. Introduction du Bouddhisme en Russie et de ses arcanes
  4. Les mages à la cour impériale : Maître Philippe, Raspoutine, Papus …
  5. Dans l’ombre des Maitres : A. Dorjieff, Badmaiev, Gurjieff
  6. Qui sont ces supérieurs inconnus ? aperçus
  7. Transmission en Occident : la chaîne est maintenue
  8. Divers

Poster imprimé sur papier Rive en haute définition, tirage exclusif à l’unité.

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