Saint-André

cahier_st-andréIl y a différentes façons d’aborder la vie des Saints : notre approche s’inspire pour l’essentiel des travaux de sémiotique en matière des mythes et des outils développés par Henry Corbin et Jung comme de ceux de Pierre Legendre et évidemment d’une étude des pères grecs.. Ensuite il faut comprendre que chaque saint n’est qu’un trait de lumière dans un ensemble cohérent qui ne se met à « parler » qu’en faisant réesau et système. C’est uniquement à partir de là que l’on obtient un écho symbolique, une sorte de réverbération qui fait sens. Saint André, nous le verrons a subit de nombreuses transformations avant d’aboutir à cette forme en Croix et de signifier (andros) le « Nouvel Homme »…

Saint André est l’aboutissement du chrisme ou Khi-Ro que nous abordons également dans nos cahiers.

Sainte Barbe

cahier_st-barbeDéesse du feu et gardienne de la Maison Dieu. Qui connaît sainte Barbe reconnaît là sa tour à trois fenêtres et l’évocation explicite de la décapitation et de la foudre met cet arcane en lien direct avec sa légende. Ici c’est la tour qui est décapitée. Un bref passage en revue des teintes éclaire sur la teneur de la tour : elle est couleur chair, et son crénelage est une couronne. Allégorie du corps, ou plus exactement de la condition de l’âme incarnée, la tour vient de subir la décollation, et les particules d’eau, d’air et de feu s’échappent de l’athanor et se répandent, résidus de la transmutation, tandis que s’opère la connexion avec l’énergie feu du ciel, symbolisée par la foudre, panache flamboyant reliant la tour débarrassée de sa crête mais toujours pourvue de ses trois fenêtres. L’être humain est figuré comme naissant de cette tour : un premier sortant la tête vers le bas tel un nouveau-né sortant du corps de sa mère, et un second, qui n’est en fait que le même, ayant gardé la posture inversée de la naissance, qui va désormais pieds en haut et tête en bas. Cet arcane est une image de renaissance issue de la transmutation opérée dans la tour aboutissant à l’inversion. » L’être demeure sur terre mais les pieds vers le ciel ; il « ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. » Le renversement ne signifie pas ici l’inversion d’une direction. Ce n’est pas un flux de A vers B qui s’orienterait désormais de B vers A (bien que le nom BArBArA nous y invite, et marque lui aussi l’inversion par l’alphabet). Ici, l’image du bouleversement signifie que l’être humain s’est retourné (ou re-né par la tour, peut-on entendre), et ainsi qu’il a retrouvé la posture initiale de sa connexion au divin. Le flot de l’énergie circule avec fluidité entre le ciel et la terre, la terre et le ciel. L’inversion signale que l’être est connecté à l’Energie, que le retour au grand Tout est effectif et qu’il en a la maîtrise, à l’inverse de l'(état d’) être ordinaire. Le bouleversement, ou inversion, est une idée force de l’arcane XVI (X=jonction du ciel et de la terre V= par la réception des énergies célestes I= dans l’axe/par la foudre). XVI correspond également à l’âge de Barbara dans la légende.

Saint-Georges

cahier_st-georgesSaint Georges : Georges est ainsi appelé de Geos qui veut dire terre, et orge, qui signifie cultiver, cultivant la terre, c’est à dire sa chair. Une autre étymologie donne gerar, sacré, et gyron, litte, litteur sacré, parcequ’il lutta contre le dragon et contre le bourreau. La légende dorée de Jacques de Voragine évoque l’histoire héroïque du chevalier Georges qui délivre une ville assiégée par un dragon. Cette peinture sur bois du peintre florentin Paolo Uccello représente donc saint Georges transperçant de sa lance le dragon qui s’apprêtait à dévorer la fille du roi. L’histoire raconte que le monstre se tenait à l’écart de la ville à condition d’être nourri régulièrement. Cependant, après les brebis et les jeunes gens, vint le tour de la princesse. Ce thème, d’origine orientale, a été repris par les chrétiens pour symboliser la délivrance de l’église opprimée par le paganisme. Ce combat étant un moment important de la légende de saint Georges, il est fréquemment représenté en peinture comme en sculpture. Saint Georges, monté sur un cheval blanc et portant une croix rouge, perce de sa lance le monstre devant l’entrée de sa grotte. A distance, la princesse observe la scène en priant. Les trois protagonistes sont alignés en frise au premier plan devant l’énorme grotte qui sépare en deux parties un paysage de champs cultivés. Au milieu, un large chemin conduit à la porte de la ville.

Enfin pour rappel : Le dragon est, pour les alchimistes le mercure. Le sang du dragon est la teinture d’antimoine pour les anciens chimistes.
à paraitre juin  2013, arl@publipole.com

Science et hermétisme