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Mystérieuse cabale phonétique

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Le lion vert de la place de Belfort à Paris (XIVème arrondissement)

Cet article qui trainait jadis sur l’un de nos sites (contrepoints.com) et que nous avions cru perdu perdus à jamais mais retrouvé par hasard …

Vous aimeriez pénétrer, dites-vous, les mystères qui nous entourent, comprendre le langage hermétique des vieux grimoires qui renferment, dit on, des secrets oubliés. Vous vous passionnez, assurez-vous, pour la recherche des connaissances traditionnelles qui fondent les sociétés
humaines, qui donnent les clés des religions et des sociétés initiatiques. Si vous avez déjà pu rentrer dans certaines de ces connaissances réservées, vous êtes sur la bonne voie et vous n’avez nul besoin de nous. Le simple rappel des paroles attribuées à Nicolas Valois, grand alchimiste normand dont on connaît peu précisément l’époque de l’existence, vous suffira :

«En perdant la pureté du coeur, on perd la Science

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L’alchimiste de la lumière

Jules Viombre_des_chenesolle alias Fulcanelli.  Jules Violle, l’alchimiste de la lumière par Johan Dreue. 31,50 €

Fulcanelli : en 2013, après plus de 90 ans de silence et d’omerta une porte s’ouvre sur une vérité en marche.

Des personnes sans vergogne et au talent médiocre avaient profité du vide documentaire pour laisser libre cours à une imagination aussi débridée que dérisoire sans relever le véritable défi que constituait une sérieuse enquête sur la personnalité du Maître et les motivations profondes de son engagement dans l’Art d’Hermès.  Il s’agit également de relever un défi qui a pour nom « l’intertextualité » !  tâche ardue car elle relève de l’analyse des textes et de l’herméneutique. Plus tard nous dresserons le tableau de la totalité des référence croisées (cross reference) entre l’un et l’autre, entre l’homme de Tradition et l’homme de science dont la vie fut aussi mouvementée et extra-ordinaire que les exploits de l’Adepte. Après avoir organisé le colloque en 1999 en l’honneur de la mémoire de son disciple, Eugène Canseliet, nous ne nous sentions pas prêt à affronter les affairistes qui sévissent dans les parages du nom du Maître, mais aujourd’hui avec l’accord de la famille nous allons rendre publique les archives en notre possession afin que cesse définitivement les polémiques qui brouillent son message et faire justice sur un malentendu qui n’a que trop duré. En conséquence, nous allons vous ouvrir la porte du 89 Boulevard Saint-Michel et révéler ce qui avait été consigné depuis plus de 90 ans !… des photos rares et inédites, une série de manifestation prévue en 2013 pour célébrer le Maître avec des personnalités inattendues … et attendues ! Un dernier point et comme disent les anglais « at last but not least », il est tout de même amusant de songer que les plus hautes autorités de l’Etat comme de ses hôtes de prestige ont défilé sans le remarquer sous les trois blasons du Maitre et ce pendant plus d’un siècle ! L’histoire sait nous jouer parfois des tours…

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Art Gotique ou cabale phonétique

couv_grimoireLe langage des oiseaux est le plus souvent l’utilisation de rébus ou de jeux de mots, dans l’objectif de coder des oeuvres ou des livres, à des fins politiques (Rabelais), ou ésotériques.

Grasset d’Orcet, au XIXème siècle, donne certaines règles de décodage des devises hiéroglyphiques du blason que nous résumerons ainsi:

Elles se composent de vers de six à huit syllabes, terminées par une syllabe où entre la lettre L, que le nom de l' »écusson cartel » ou « carrel » fournit aux devises les plus courtes.

Tout dessin blasonné doit se déchiffrer en commençant par les pieds (de bas en haut).

Il précise aussi la règle simple du lanternois, comme utilisée chez Rabelais: le lanternois ne tient pas compte des voyelles.

Le terme langue des oiseaux s’entend probablement par le fait que les oiseaux sifflent des mélodies, des musiques qui sonnent joliement aux oreilles mais dont on ne réalise pas le sens caché. On les entend, mais on les entend pas (dans le sens de comprendre). Cet aspect sera amplement décrit avec Grasset d’Orcet.
Il y a aussi un sens plus profond à la langue des oiseaux et qui est le fait qu’elle est inexprimable par les mots ou la voix. Ce qui nous amène au langage des symboles.

Les symboles ont un sens, voire plusieurs sens car certains sont très riches. Et la compréhension du langage des symboles (langage alchimique par excellence) implique un long apprentissage par la réflexion ou l’expérience sur le terrain (visite de sites, de cathédrales) et surtout pratiquement l’impossibilité de transmettre ce que l’on ressent, si ce n’est par d’autres symboles.

C’est là l’essence du vrai secret initiatique. Transmis par des rituels symboliques, il est inexprimable car de l’ordre du ressenti. En parler seulement ne permet pas de le comprendre.

Ce langage symbolique fait prendre des raccourcis de pensée. Dans un autre domaine, c’est le même principe que l’utilisation de signes en mathématiques ou en physique, qui par le langage symbolique permettent à des gens de transmettre des concepts énormes sans se parler, par un simple signe. L’exemple du E=MC2 est très significatif. Peu de gens peuvent pénétrer les véritables arcanes mathématiques de cette formule mais tout le monde a en tête les applications de cette formule sur l’énergie atomique.

Le langage des oiseaux est une jolie musique. Elle attire même si on ne la comprend pas. C’est ainsi que nombreux sont ceux qui se lancent dans leur quête personnelle du Graal, sans raison exprimable, seulement à cause de telle légende lue, ou de telle cathédrale visitée. Ils ont soulevé un coin du voile et ne peuvent l’oublier.

Car telle est pourrait être la quête du Saint Graal: une simple quête du Saint Bol…

Citations :

Fulcanelli dans « Les Demeures Philosophales », fut un des premiers à révéler clairement le sens de la langue des oiseaux:
P. I.159: « […] Les vieux maîtres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qui’ils appelaient encore langue des oiseaux, des dieux, gaye science ou gay scavoir. De cette manière, ils purent dérober au vulgaire les principes de leur science, en les enveloppant d’une couverture cabalistique. […] Mais ce qui est généralement ignoré, c’est que l’idiome auquel les auteurs empruntèrent leurs termes est le grec archaïque, langue mère d’après la pluralité des disciples d’Hermès. La raison pour laquelle on ne s’aperçoit pas de l’intervention cabalistique tient précisément dans ce fait que le français provient directement du grec. »

p. I.164: « c’est justement ce grec qu’on retrouve partout en France, même dans l’Argot de Paris. La langue des oiseaux est un idiome phonétique basé uniquement sur l’assonance. On n’y tient donc aucun compte de l’orthographe, dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux […]. […] Les rares auteurs qui ont parlé de la langue des oiseaux lui attribuent la première place à l’origine des langues. Son antiquité remonterait à Adam, qui l’aurait utilisée pour imposer, selon l’ordre de Dieu, les noms convenables, propres à définir les caractéristiques des êtres et des choses créées. »

p. I.167 :  « les anciens écrivains l’appelaient langua general (langue universelle), et lengua cortesana (langue de cour), c’est-à-dire langue diplomatique, parce qu’elle recèle une double signification correspondant à une double science, l’une apparente, l’autre profonde. »

p. II.26 2 : A ne pas confondre Kabbale et cabale: « La kabbale hébraïque ne s’occupe que de la Bible; […]. La cabale hermétique s’applique aux livres, textes et documents des sciences ésotériques de l’antiquité, du moyen-âge et des temps modernes. Tandis que la Kabbale hébraïque n’est qu’un procédé basé sur la décomposition et l’explication de chaque mot ou de chaque lettre, la cabale hermétique, au contraire, est une véritable langue […]

« p. II.267 : « Employée au moyen-âge par les philosophes, les savants, les littérateurs, les diplomates. Chevaliers d’ordre et chevaliers errants, troubadours, trouvères et ménestrels […] discutaient entre eux dans la langue des dieux, dite encore gaye-science ou gay-scavoir, notre cabale hermétique. Elle porte, d’ailleurs, le nom et l’esprit de la Chevalerie, dont les ouvrages mystiques de Dante nous ont révélé le véritable caractère. […] C’était la langue secrète des cabaliers, cavaliers ou chevaliers. Initiés et intellectuels de l’antiquité en avaient tous la connaissance. »

Voici d’ailleurs un indice quant au cheval qui orne le mur sud de l’église de Saint-Grégoire-du-Vièvre, et dont le message se lit d’abord en rébus ou langue des chevaliers pour se terminer en symboles, beaucoup moins évidents à comprendre.

p. II.269 : Sont basés sur la langue des oiseaux « Les oeuvres de François Rabelais et celles de Cyrano de Bergerac; le Don Quichotte de Michel Cervantès, les Voyages de Gulliver de Swift; le Songe de Poliphile de Francisco Colonna; les Contes de ma mère l’Oie, de Perrault; etc…« 

Jonatan Swift a d’ailleurs à son époque publié un livre sur le pun, ou l’art en anglais de faire des jeux de mots.

Fucanelli encore, dans « Le Mystère des Cathédrales » révèle le sens de l’art gothique des cathédrales et le fait qu’elles cachent en leurs statues et imageries un sens caché, alchimique :

p. 55 : « Pour nous, art gothique n’est qu’une déformation orthographique du mot argotique, dont l’homophonie parfaite, conformément à la loi phonétique qui régit, dans toutes les langues et sans tenir aucun compte de l’orthographe, la cabale traditionnelle. La cathédrale est une oeuvre d’art goth ou d’argot. Or, les dictionnaires définissent l’argot comme étant un « langage particulier à tous les individus qui ont intérêt à communiquer leurs pensées sans être compris de ceux qui les entourent ». C’est donc bien une cabale parlée. Les argotiers, ceux qui utilisent ce langage, sont descendants hermétiques des argo-nautes, lesquels montaient le navire Argo […] pour conquérir la fameuse Toison d’Or. […] Tous les Initiés s’exprimaient en argot, aussi bien les truands de la Cours des Miracles, – le poète Villon à leur tête,- que les Frimasons, ou francs-maçons du moyen-âge, « logeurs du bon Dieu », qui édifièrent les chefs-d’oeuvre argotiques que nous admirons aujourd’hui.« 

p. 56 : « L’art gothique est, en effet, l’art got ou cot (Co en grec), l’art de la Lumière ou de l’Esprit. »

Nous ajouterons que pour le langage d’une caste particulière, qu’elle soit composée de scientifiques ou de batisseurs, on utilise plutôt de nos jours le terme jargon. Or le jargon est le cri de l’Oie. Ceci à prendre comme référence aux « contes de ma mère l’Oie » de Perrault. Oie qui rappelle le « Oyez », crié pour qu’on « entende » bien le texte… D’ailleurs les termes Gay-scavoir et Gaye-science on en commun le mot Gay. Que peut donc bien signifier ce qualificatif joyeux sinon le fait que celui qui entend la langue des oiseaux est plein de JOIE (« J’oie, car son ouïe perçoit la musique des sphère », p. 23 de « Fulcanelli et le cabaret du Chat Noir », de Richard Khaitzine).

Le chat noir et les arts (3)

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L’activité du premier Chat Noir est intimement liée aux événements historiques qui l’entourent, représentant une sorte de pause créative entre l’amnistie des Communards (1880) et les premières turbulences de l’affaire Dreyfus (1894-1898). Le choix du lieu par Rodolphe Salis revêt une importance particulière : aux pieds de la Butte sacrée, le boulevard Rochechouart représente le trait d’union idéal entre les artistes montmartrois et le public bourgeois, qui peut facilement y accéder. Montmartre devient ainsi le centre de la culture hors de la tradition savante pro­prement dite.

Bien que le cabaret le plus ancien soit Le Cabaret des assassins, plus connu sous le nom de Lapin à Gill (ensuite Lapin Agile), c’est le Chat Noir qui marque l’esprit du temps. Sans revenir ici sur son histoire – voir notamment les études de Martel Oberthür–, nous voudrions plutôt attirer l’attention sur l’aménagement du lieu, car ce dernier influence le rapport entre le chansonnier et son public.

Étant donné les dimensions relativement exiguës de la salle (3,5 x 4 mètres), Salis soigne principalement l’aspect visuel, en confiant au peintre Adolphe Willette le soin de plu­sieurs réalisations, parmi lesquelles, rappelons-le, le vitrail La Vierge verte’, caractérisé par un symbolisme décadent, et le célèbre Parce Domine (cat. 8, p 86) qui, après avoir décoré le premier et le second Chat Noir, est aujourd’hui conservé au musée de Montmartre. Le reste du décor se compose d’une pacotille vaguement Louis XIII, constituée d’objets et de mobilier de récupération.

Les tables et les chaises, très inconfortables, obligent le public à se mélanger aux artistes présents sur scène, si l’on peut nommer de cette manière le petit cagibi surélevé de trois marches. De cette façon, plus aucune distance n’existe entre l’acteur chanteur et le public, qui participe au spectacle, tout en en devenant une composante fonda­mentale.

La chanson montmartroise est ainsi au sommet de l’ex­périmentation du genre,  suspendue entre l’innovation for­melle et la continuité d’une tradition musicale qui, partant de l’opérette, plonge ses racines dans l’exotisme de l’argot. Les artistes à énumérer sont fort nombreux, outre ceux déjà nommés comme faisant partie des Hydro­pathes, nous puvons citer  : George Auriol, Maurice Boukay, Charles Cros, Paul Delmet, Maurice Donnay, Georges Fragerolle, Jean Goudeski, Vincent Hyspa, Eugène Lemercier, Jean Richepin, Pierre Trimouillat et bien d’autres…

Steven Moore Whiting a déjà souligné les diverses typo­logies de chanson qui caractérisent la production du Chat Noir entre sa création (1881) et la mort de son fondateur (1897)8. Il les a distinguées comme suit : chanson réaliste, sentimentale, satirique et macabre. La production musicale qui a vu le jour au Chat Noir s’impose par sa nouveauté : dans le choix des sujets, mais aussi dans l’attitude de l’interprète, souvent auteur de la musique et du texte.

Parmi ces figures, celle de Maurice Mac-Nab mérite une attention spéciale, notamment pour le fort accent politique et social de ses compositions. C’est au Chat Noir qu’il trouve son épanouissement. Le caractère impertinent de la Butte et ses tendances anarchisantes permettent à Mac-Nab de transformer sa raillerie sociale en ironie macabre. Dans L’Omnibus de la préfecture, son ton satirique est au service d’un rapin qui voyage dans une voiture originale :

« Quand j’veux ménager ma chaussure. / Pour me ballader [sic] j’ai choisi / l’omnibus de la Préfecture ! » Dans L’Expul­sion, c’est un cri revanchard que Mac-Nab hisse contre les puissants et les riches :

«Moi, j’vais vous dire la vérité : / Les [sic] princ’il est capitalisse, / et l’travailleur est exploité, / c’est ça la mort du socialisse ! […] Pour que l’mi­neur il s’affranchisse /Enfin, qu’tout l’mond’soye expulsé/ il rest’ra plus qu’les anarchisses ! »

Les deux plus grands interprètes de cette nouvelle tendance, qui apparente la construction du personnage scénique à l’exigence renouvelée des affiches, sont Aristide Bruant et Yvette Guilbert. Le rendu visuel de la chanson devient ainsi la meilleure façon de se faire connaître.

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L’ancêtre : le club des Hydropathes (2)

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L’ancêtre du Chat Noir : le club des Hydropathes

Il convient de porter l’attention sur le plus célèbre cabaret montmartrois : Le Chat Noir. Pour en retracer l’histoire, il faut partir du Quartier latin, notamment de l’activité du club des Hydropathes.

En 1878, Émile Goudeau et son frère Léon louent une salle au premier étage du Café de la Rive Gauche ; il s’agit de la première salle officielle des Hydropathes ; suivront plusieurs autres endroits hébergeant ce groupe d’artistes, souvent renvoyés par les propriétaires à cause du tapage qu’entraînent leurs réunions. Michel Herbert nous dévoile le secret de ce nom si original :

« Le terme plut à cause de son étrangeté et de son euphonie. Il s’était imposé à Goudeau au cours d’une séance du Concert des Champs-Élysées, […] alors que l’orchestre jouait une valse allemande du maestro Joseph Gungl : Hydropathen Waltz. Le poète [Goudeau], qui avait fait dériver Hydropathe du grec Udor patein [sic] pensa y voir une analogie avec son propre nom patronymique. […] Goudeau décrivit l’Hydropathe comme un animal fabuleux aux pattes de cristal (Pathen: pattes. Hydro: en eau cristallisée). Il ajouta qu’une dénomination aussi imprécise avait l’avantage de ne limiter en rien l’acti­vité de la société nouvelle et la laissait libre, au besoin, de modifier ses doctrines initiales

Les soupçonnant de conspiration, la police ne manque pas de leur rendre souvent visite pendant leurs bruyantes réunions ; toutefois, l’activité des concerts, première raison de ces réunions, se poursuit. Ainsi Maurice Rollinat, Georges Lorin, André Gill et Jules Jouy animent-ils les soirées des Hydropathes. À ces artistes, que nous retrouverons au Chat Noir, il faut ajouter la présence de la seule femme dans les cabarets de la rive gauche: Marie Krysinska. Musicienne de talent, elle composait des accompagnements sur des textes de Baudelaire, de Verlaine et des mélodies de chanson. Son intérêt pour le vers libre, selon l’air du temps, la mit en concurrence directe avec Gustave Kahn, qui, lui aussi, se considérait comme l’inventeur de cette nouvelle façon d’écrire. Elle aussi emménagera dans le cabaret de Salis, mettant en musique des poèmes de plusieurs auteurs, parmi lesquels ceux de Gabriel Montoya occupent une place singulière.

Les séances des Hydropathes se déroulent toutes plus au moins de la même façon: le concert est accompagné par des exclamations, des invectives, des disputes qui souvent obligent le musicien à s’arrêter, jusqu’au moment où le pré­sident met fin à la séance en expulsant les tapageurs. Le programme est souvent improvisé et hétéroclite; les Fumistes, animateurs de ces soirées, sont responsables de la plupart des troubles au cours des réunions.

En 1881, Goudeau s’affronte directement avec les Fumistes : désemparés, les Hydropathes essaient alors de se reconsti­tuer sous une autre dénomination, d’abord celle de Mécé­néoliens et ensuite celle des Hirsutes. La véritable réponse à la crise interne que traversent les Hydropathes ne tarde pas. Ils décident de quitter le Quartier latin et de «monter» vers la Butte sacrée, abri des artistes et nouveau centre de la vie intellectuelle parisienne.

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Au Chat Noir : Montmartre ou « Montjoye » (1)

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Montmartre doit sa renommée principale­ment à la floraison de nombreux ateliers de peintre et de sculpteur, toutefois les musiciens tiennent aussi une place de choix. Installés aux alentours de la Butte, ils profitent du dynamisme qui carac­térise la production artistique et occasionnent une synergie tout à fait originale entre arts figuratifs et sonores dans le panorama parisien de la fin du XIXe siècle. Les cabarets sont in primis les lieux qui témoignent de ces ferments culturels.

Origine et typologie des cabarets

L’étymologie du mot « cabaret » semble provenir du picard cambrette ou camberete via le néerlandais cabret. Après la tradition consolidée au XVIII siècle du café comme lieu de discussion et d’échange d’idées progressistes, le sens origi­naire du mot « cabaret » se transforme, désignant désormais « tous ces endroits où se réunissent, avec le public, poètes et intellectuels, chansonniers et musiciens, peintres et critiques d’art, diseurs de poésies et acteurs».

Concetta Condemi identifie à Paris, entre 1850 et 1890, 396 salles et 600 fonds de commerce utilisés comme lieux de spectacle La clientèle est fortement différenciée, c’est pour cette raison que durant la soirée, des chansons alternent avec des représentations d’arts variés mêlées à des numéros de cirque. Il est aujourd’hui difficile d’évaluer la durée moyenne d’existence d’un cabaret, mais, si l’on en croit les témoignages des contemporains, de nombreux établis­sements disparaissent après seulement six mois ou un an d’activité. Quantitativement les arrondissements les plus riches en salles sont les IXe, Xe et XIe avec 121 salles, suivis par les IIè, IVè, Vè, XVIIIème avec 80 salles.

Souvent considérés comme des lieux de perdition, contraires aux valeurs d’une certaine société sous la IIIe République, les cabarets sont classés en trois caté­gories: d’abord les salles très luxueuses, proches des véritables salles de théâtre (comme l’Eldorado, l’Alcazar lyrique et les Folies Bergère), suivies par les plus modestes (situées principalement sur les Grands Boulevards) et enfin celles que l’on ne désigne pas autrement que comme « innom­mables » (souvent des endroits où la violence et la prostitu­tion étaient de mise).