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Marija Gimbutas et le langage de la Grande Déesse

Les « Vénus » de la préhistoire, les figures féminines peintes sur les céramiques, les signes abstraits gravés sur des vases, tous ces vestiges représentaient, selon Marija Gimbutas, une grande déesse – symbole de la vie – dont le culte fut constant au cours de la préhistoire et du néolithique européens.

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La Grande Déesse et la « Vieille Europe »

gimbutiene-1947-TopangaEn 1963, M. Gimbutas entre à l’UCLA. Dans les années suivantes débute une campagne de fouilles en Europe du Sud-Est (Yougoslavie, Grèce, Italie), fouilles qui vont se prolonger une quinzaine d’années et l’orienter vers une nouvelle direction de recherche. Parmi les vestiges sortis de terre, M. Gimbutas remarque que de nombreuses poteries ont des formes féminines. Certaines arborent des signes géométriques – formes en V, en M, zigzags. On retrouve d’ailleurs ces signes sur des céramiques en forme d’oiseau.

Plus elle fouille, plus s’accumulent des traces, des traces trop fréquentes pour être négligées, ce que font pourtant la plupart de ses collègues : « L’ensemble des matériaux disponibles pour l’étude des symboles de la vieille Europe est aussi vaste que la négligence dont cette étude a fait l’objet. » Une nouvelle hypothèse émerge. Et si les figures féminines étaient des déesses ? Et les signes et figures géométriques qui les accompagnent des représentations symboliques de ces déesses (comme la croix remplace Jésus dans la symbolique chrétienne) ? Dans cette hypothèse, l’abondance des vestiges attesterait bien de la présence d’une forte présence féminine aux côtés des dieux masculins.

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Marija Gimbutas et le langage de la Grande Déesse

Marija Gimbutas

(1921-1994)

Le Langage de la déesse (1988)

Marija-Gimbutas-in-LithuaniaLes « Vénus » de la préhistoire, les figures féminines peintes sur les céramiques, les signes abstraits gravés sur des vases, tous ces vestiges représentaient, selon Marija Gimbutas, une grande déesse – symbole de la vie – dont le culte fut constant au cours de la préhistoire et du néolithique européens.

Une « déesse » hantait l’esprit des chasseurs de la préhistoire. Une déesse à la féminité marquée et dont la silhouette ou les traits caractéristiques – seins, fesses, pubis, grands yeux – se retrouvent partout en Europe, peints ou gravés sur les parois des cavernes, sculptés sur la pierre, l’os ou le bois. Des milliers d’années plus tard, elle subjuguait encore les paysans du néolithique. Partout en Europe, on la découvre peinte sur des céramiques ou gravée sur les objets quotidiens. Pendant près de 25 000 ans, les premiers Européens auraient ainsi voué un culte à cette déesse, symbole de nature et source de vie, qui fait naître les enfants et pousser les plantes. Puis, vers le Ve millénaire av. J.-C., des peuples indo-européens, farouches guerriers, éleveurs de chevaux, auraient pris le pouvoir sur les sociétés agraires et imposé leur langue, leur pouvoir, leurs mythes : des dieux masculins, autoritaires et violents, auraient alors refoulé dans un lointain passé les charmantes déesses préhistoriques. Voilà, à grands traits, l’histoire ancienne de l’Europe, telle que l’a reconstruite Marija Gimbutas à partir de ses nombreuses recherches archéologiques.

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La Femme solaire, Anima mundi

cahier_femme_solaire4L’idée d’âme du monde a traversé les siècles et a fait l’objet de multiples spéculations quant à sa nature, son origine et son rôle.

Cependant, une figuration s’est imposée : l’âme du monde est féminine. Comme nous l’avons vu dans les pages précédentes, la croyance en une présence divine dans la nature est aussi ancienne que l’humanité : tel rocher, telle montagne, tel arbre, telle source, est une théophanie. « Les dieux étaient partout et ils se mêlaient à tous les actes de la vie quotidienne », et écrivant à propos de l’adepte des mystères : « … tout était divin à ses yeux et la nature entière qui l’entourait provoquait en lui la crainte respectueuse des forces infinies agissant dans l’univers » (F. Cumont, les Mystères de Mithra, p.150).

Le catholicisme a voulu, par la présence réelle dans l’Eucharistie, rendre la divinité présente dans le monde telle qu’elle le fut historiquement en la personne de Jésus-Christ. Mais comment se fait-il qu’après deux mille ans Dieu semble absent du monde et du conscient de l’homme contemporain ?

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La Femme solaire : ambivalence et métaphysique du masculin féminin

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L’animus et l’anima forment un couple d’opposés à l’intérieur de chaque psychisme, et ce couple est complémentaire. Chaque fois que l’anima se manifeste elle est accompagnée de l’animus, parfois fort et dominant, parfois faible et mal défini. Chaque figure d’anima produit une figure d’animus qui lui est propre, et inversement.

Très schématiquement et en se référant aux images mythologiques, ce sont des couples qui se présentent : soleil-lune, clarté-ombre, dragon-héros, Roi-Reine, Vieux Sage-Vierge, etc… En psychologie analytique, tandis que l’anima renvoie à l’intériorité, à l’imaginatif, à l’affectif, l’animus représente le rationnel, l’objectif, l’extériorité, le conscient, la volonté, l’héroïsme.

Si l’anima est âme, l’animus est esprit, logos ; cependant, «La tâche à accomplir est de conserver à l’esprit et à l’âme leur distinction (ce qui est l’exigence de l’esprit) en même temps que de les garder reliés (ce qui est l’exigence de l’âme) » (J. Hillman, Anima et Animus, p.221).

Chez la femme, l’animus représente sa masculinité, ses qualités ou spécifications masculines. Mais l’animus représente aussi l’idée ou la projection qu’elle se fait de l’homme. Ainsi, pour une femme restée « primitive » ou fruste, l’animus se présente sous les traits de l’homme musclé qui accomplit des exploits physiques : héros du stade, superman, acteur au physique avantageux, ou encore l’homme d’affaires qui gagne beaucoup d’argent et roule dans une belle voiture. Dans ce cas, c’est l’exploit et l’action qui priment, devant lesquels la femme est remplie d’admiration, ou de frustration secrète du fait qu’elle se sent et se perçoit inférieure.

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